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29 mai 2016 7 29 /05 /mai /2016 20:06

La huitième journée nationale d’action a démontré une fois encore que loin de s’essouffler, comme le proclamait le Premier ministre, la contestation de la loi dite Travail s’amplifie. Malgré un harcèlement médiatique qui oblige à s'interroger sur la liberté de la presse en France. Les quotidiens Français étaient absents des kiosques  à l’exception de l’Humanité, qui seul avait accepté de publier une tribune de Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT.

On peut ne pas partager le mode d’action des ouvriers de la presse mais certainement pas les accuser de menacer la liberté d’expression. Si la liberté d’expression est menacée dans notre pays ce n’est certainement pas par eux, mais par cette situation inédite en France qui voit 80 % de sa presse accaparée par un petit groupe de sociétés et de milliardaires.

Qui menace la liberté de la presse en France ?

Que penser d’une presse qui accueille le secrétaire général de la CFDT la veille des manifestations pour le retrait de loi déclarant que "le retrait de la loi serait inacceptable" et qui refuse une tribune du secrétaire général de la CGT qui, avec d’autres syndicats, ont appelé à cette manifestation ?

Faut-il préciser que les propriétaires de cette presse soutiennent avec une belle unanimité le projet de loi dite Travail et condamnent celles et ceux qui s’y opposent, qui constituent pourtant plus de 74 % de l’opinion. Peut-on parler de liberté et de pluralisme, car que serait la liberté de la presse sans le pluralisme, dans ces conditions ?

Information ou propagande ?

Et que dit cette presse à longueur de colonnes, de journaux télévisés et de plateaux "d’experts" ? A quelques exceptions près le discours est partout le même : au début du mouvement qu’il fallait réformer le code du travail, trop compliqué, trop lourd et que ce gouvernement avait le courage de s’y attaquer. Le mouvement de protestation s’étendant à travers le pays, le cycle classique de la répression souvent violente et des provocations est devenu le sujet principal du traitement par les grands médias. Le Huffington Post‎, version française du site américain du même nom, annonce en titre le soir du 26 mai : " Grève du jeudi 26 mai: les débordements ville par ville". Edifiant non ?

Les effets produits sinon recherchés : transformer l'image des manifestations pacifiques en scènes de violence, dissuader des manifestants potentiels de participer aux prochaines, faire peur à l’ensemble de la population, susciter une réaction de rejet et enfin accuser les syndicats et singulièrement la CGT de provoquer les tensions et des incidents dans le pays. Les grévistes et les syndicats qui sont à l’initiative du mouvement sont stigmatisés avec une rare violence : « prise en otages », « grèves illégitimes », "Philippe Martinez, l'homme qui veut mettre la France à genoux", (Le Figaro) "la dictature cégétiste", "les grévistes menés par la CGT bloquent le pays"....

Personne n’ose remettre en cause le droit de grève mais à écouter divers commentateurs et les plus hautes autorités de l’Etat, les salariés ne devraient pas l'exercer car ce faisant "ils bloquent le pays, empêchent les gens de se rendre à leur travail et affaiblissent l’économie, voire ternissent l’image du pays aux yeux des investisseurs étrangers et des touristes" ! Et chaque jour de manifestation les micros sont complaisamment tendus au commerçant qui n’a pu s’approvisionner, à la petite entreprise qui voit chuter son chiffre d’affaires, au salarié qui n’a pas de train ou de métro…Vous remarquerez que les médias ne s'intéressent à eux qu'au moment des conflits qui perturbent leur activité !

 Mais avez-vous vu un gréviste interrogé sur ce que lui coûte son action de grève, sur un salaire souvent bien maigre ?

  Un JT un soir de manif

Le  journal de 20 h de France 2, chaîne de "service public", le soir de la manifestation. Les premiers mots qui ouvrent le journal : « De nouvelles violences… » sur des images d’affrontements entre la police et des manifestants. La suite ? Les blocages des ports et des routes qui obligent les entreprises à tourner au ralenti. Reportage sur le terrain : le patron d’une entreprise du bâtiment qui ne peut pas terminer ses travaux par manque de matériaux, des commerçants qui n’ont pas été livrés, en rupture de stocks, retour sur le plateau où un « expert » explique les retombées économiques négatives des grèves sur l’économie, reportages sur les stations d’essence prises d’assaut...avant de consacrer "L'œil du 20h" au chantage qu'auraient exercer les syndicats de la presse sur les journaux afin qu'ils publient la tribune du secrétaire général de la CGT.

Du respect pour les grévistes et les salariés ! Les protestations de cette presse bien-pensante seraient assurément plus crédibles si elle-même respectait le monde du travail et ses représentants syndicaux.

Ce respect ils le méritent !

Car il en faut du mérite et du courage aux militants syndicaux pour résister à la violence des agressions dont ils font l'objet chaque fois qu'ils protestent, revendiquent, font grève.

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Published by retraitecgtmanche

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  • L'union syndicale des retraités CGT de la Manche a pour but de rassembler les salariés retraités, préretraités, pensionnés, veuves et veufs, en vue de contribuer à assurer la défense et l'amélioration de leurs droits et de leurs intérêts
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