Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
5 décembre 2013 4 05 /12 /décembre /2013 10:14

Entretien avec Michèle Chay, secrétaire générale de la fédération du Commerce et Services de la CGT.

La CGT demande que la loi soit précédée par une concertation au niveau national entre les syndicats de salariés, les syndicats d’employeurs et les représentants de l’Etat. La CGT estime qu’il faut limiter le travail de nuit et le dimanche à ce qui est strictement nécessaire.

Le travail du dimanche doit rester l’exception et répondre à l’intérêt général. Il faut revenir sur la loi Mallié de 2009 qui, de dérogations en dérogations a déréglementé le droit du travail.

 

Le Dimanche est un bien commun d'intérêt général, c'est est un marqueur de notre vivre ensemble.

 

                                         

Partager cet article
Repost0
Published by retraitecgtmanche
4 décembre 2013 3 04 /12 /décembre /2013 11:25

 Lors du lancement de la concertation sur la future loi « Adaptation de la société au vieillissement », Jean-Marc Ayrault, Marisol Touraine et Michèle Delaunay ont évoqué les grandes lignes de leur projet.

Jean-Marc Ayrault a insisté sur le fait que ce projet portait un double enjeu, celui de préparer la société au vieillissement, 30% de plus de 60 ans d’ici une dizaine d’années et celui de la prise en charge de l’aide à l’autonomie des personnes âgées.

Il a souligné qu’il s’agissait pour le gouvernement d’un véritable choix de société auquel il fallait répondre par un choix politique avec une dimension interministérielle, pour les personnes âgées d’aujourd’hui et pour les générations à venir. Il a précisé que toute la société française, toutes les générations étaient concernées. Il a évoqué l’accès pour tous aux aides techniques, le développement de la présence humaine, l’amélioration de l’APA à domicile, le renforcement des plans d’aides, l’amélioration du reste à charge et le soutien des aidants.

Il a développé  les trois volets de la loi :

- Anticipation et prévention (programme de prévention et aides techniques) ;

 - Adaptation de la société au vieillissement (logement, urbanisme, transports, culture...) ;

- Accompagnement de la perte d’autonomie (maintien à domicile,  qualification des métiers de l’aide à l’autonomie et soutien aux aidants).

Le projet se découpe en deux parties :

Une première étape centrée sur le maintien à domicile votée en 2014, pour application en 2015,

Une deuxième étape sur l’accompagnement en établissements,  plus tard.

Nous pouvons partager cette ambition qui reprend celle de la CGT : changer le regard sur le vieillissement, faire de la longévité un progrès pour tous, individuellement et collectivement. Par contre, nous sommes insatisfaits sur les moyens de financement, Madame Delaunay ayant annoncé que, dans le cadre de la concertation, toutes les propositions pourraient être prise en compte « à condition qu’elles tiennent dans le cadre de la CASA ».(1) Ce qui nous semble bien peu pour un tel programme !

 

(1) La Casa (Contribution additionnelle de solidarité pour l’autonomie) est  prélevée à hauteur de 0,3 % sur les pensions de retraite, de préretraite (pour les salariés et non salariés) et sur les pensions d’invalidité depuis le 1er avril 2013

Partager cet article
Repost0
Published by retraitecgtmanche
3 décembre 2013 2 03 /12 /décembre /2013 09:57

Le rapport Bailly qui vient d’être remis au Premier Ministre fait l’impasse sur le travail atypique et le travail de nuit. Deux enjeux qui auraient pourtant mérité d’être abordés. Ce rapport fait la part belle au patronat, en particulier du Bricolage, en instaurant une période transitoire pour le secteur du bricolage  jusqu’au 1er juillet 2015. Ils seront autorisés à ouvrir les magasins.

Le rapport réaffirme ne pas vouloir étendre à d’autres secteurs le travail dominical. Pourtant, dans les faits c’est ce qui est proposé. Deux poids, deux mesures selon les situations. Quand les patrons manifestent et revendiquent on suspend les mesures telle que l’écotaxe ; Et quand ce sont les salariés qui s’expriment, on fait comme si de rien n’était.

Si le rapport convient que le dimanche n’est pas un jour comme les autres, les propositions qui sont faites d’élargir le travail du dimanche à terme, aboutiront à une banalisation. Le rapport ouvre plusieurs brèches :

• Augmentation à douze dimanches autorisés par les municipalités avec un droit de tirage de sept à l’initiative de l’employeur ;

• La modification des appellations des zones PUCE et Zone Touristiques en renvoyant à la négociation territoriale pour l’appellation pourrait sembler aller dans le bon sens. Mais sans fixer le minimum de contre parties pour les salariés, notamment pour les entreprises de moins de dix employés, cela ne répond pas aux inégalités créées par la loi Maillé.

Pour la CGT le doublement du salaire et un repos compensateur doivent être le minimum pour les salariés amenés à travailler exceptionnellement le dimanche. Prétendre ajouter des critères de volontariat ne changera pas fondamentalement la donne, c’est toujours le leurre qui domine, compte tenu de la faiblesse des salaires dans le commerce et du nombre de chômeurs.

La solution pour les salariés n’est pas d’ouvrir le dimanche mais d’augmenter les salaires. Ce n’est pas le rapport Bailly qui fait la loi ! La balle est dans le camp du gouvernement qui doit maintenant prendre ses responsabilités et assurer une égalité de traitement entre les salariés.

Pour conserver un temps de repos commun pour le vivre ensemble à une majorité de salariés, le gouvernement devra légiférer. La CGT réaffirme le besoin d’une concertation interprofessionnelle afin que la loi fixe le cadre du travail du dimanche tout en respectant la hiérarchie des normes.

Le travail du dimanche doit rester exceptionnel aux secteurs répondant à une réelle nécessité et à ce titre une négociation interprofessionnelle doit avoir lieu pour garantir un socle commun de garanties collectives.

Partager cet article
Repost0
Published by retraitecgtmanche
30 novembre 2013 6 30 /11 /novembre /2013 15:54

 

                                                  

Après le vote dans la soirée du 26 novembre la nouvelle réforme des retraites par l’Assemblée nationale, l’Union confédérale des retraités CGT s’interroge sur deux mesures adoptées sans concertation :

- l’octroi de 50€ pour une aide à la complémentaire santé pour les plus de 60 ans,

- deux revalorisations le 1er avril et le 1er octobre pour les retraités bénéficiaires du minimum vieillesse, soit environ 500 000 sur 15 millions.

L’UCR-CGT estime que cela va contribuer à une "inégalité de traitement pour les retraités. " Elle revendique " la même date de revalorisation pour tous dès le 1er janvier, et non pas le 1er octobre 2014", estimant qu’il s’agit "d’une baisse programmée des pensions et retraites. Celle-ci intervient après la suppression de la demi-part, du maintien du gel du barème de l’impôt, l’impôt de 0,3% (contribution de solidarité pour l’autonomie)… Toutes ces mesures contribuent à la baisse du pouvoir d’achat des retraités." L’UCR-CGT entend donc bien ne pas en rester là et propose de poursuivre la mobilisation en lien avec les actifs. " La mobilisation prévue début 2014 sera l’occasion d’exiger du Gouvernement un changement de cap et une autre redistribution des richesses créées."

Partager cet article
Repost0
Published by retraitecgtmanche
29 novembre 2013 5 29 /11 /novembre /2013 09:40

Le Gouvernement se félicite d’un premier signe positif : en effet le nombre de demandeurs d’emploi n’exerçant aucune activité (catégorie A de Pôle Emploi) a bel et bien baissé de 0,6% en octobre, soit 20 500 chômeurs en moins.

Ce léger fléchissement ne dissimule pas pour autant la hausse de demandeurs d’emploi exerçant une activité réduite (3,7% et 4,0%). A l’arrivée le nombre de demandeurs d’emploi toutes catégories confondues est en augmentation. La faiblesse du niveau de retour à l’emploi se résume à un développement des temps partiels et des contrats courts. Le Gouvernement voit un signe de reprise, la CGT l’analyse comme une dégradation nette et continue de la qualité de l’emploi. Le nombre de CDD inférieurs à un mois a explosé, malgré les multiples aides accordées aux employeurs. La baisse du chômage des jeunes (-2,3%) ne reflète pas non plus une reprise de l’activité économique, seulement le résultat d’une politique principalement basée sur les contrats aidés qui montrera bientôt ses limites.

Cette stratégie ne constitue pas une véritable politique de l’emploi. Autre signe négatif : le nombre des demandeurs d’emploi inscrit depuis plus d’un an augmente, lui, toujours +1,4%).Le Gouvernement reste muet sur la question du chômage de longue durée.

Le samedi 7 décembre 2013, la manifestation nationale unitaire des chômeurs et précaires sera le moment d’exprimer la nécessité de faire d’autres choix politiques et économiques en direction des privés d’emploi.

Partager cet article
Repost0
Published by retraitecgtmanche
28 novembre 2013 4 28 /11 /novembre /2013 12:05

Hier, encore plus d’une centaine de rassemblements et manifestations dans tout le pays.   15 000 manifestants à Paris devant l’Assemblée nationale ont fait entendre de nouveau leur opposition au projet de loi régressif sur les retraites.

Après avoir décidé la procédure anti-démocratique du vote bloqué, il aura fallu des négociations en coulisses, menées par Marisol TOURAINE, avec certains députés de la majorité, pour que le projet de loi soit adopté par 291 voix contre 243 et 27 abstentions (dont 11 députés socialistes).

Ces négociations ont abouti à un léger assouplissement concernant les retraités : une aide à la complémentaire santé de 50 euros pour les plus de 60 ans sera accordée et deux revalorisations en 2014 verront le jour, au 1er avril et au 1er octobre pour les retraités bénéficiaires du minimum vieillesse, c’est-à-dire environ 500 000 sur 15 millions. Ce qui ne rend pas la loi plus juste et plus acceptable.

Le cœur de la réforme est maintenu, l’allongement de la durée de cotisation à 43 ans demeure et le financement reposera essentiellement sur les salariés et les retraités. Pour la CGT, la mobilisation doit se poursuivre à l’occasion d’un nouveau passage au Sénat dès le mois de décembre et à l’occasion de la publication des décrets publiés dès la fin 2013 début 2014.

 

Notre mobilisation prévue en début d’année 2014 sur l’emploi, les salaires et le financement de la protection sociale sera l’occasion de réaffirmer au gouvernement qu’il faut changer de cap, que l’austérité nous mène dans l’impasse, une autre politique doit être menée. C’est à ce prix que nous retrouverons le chemin de la croissance et la réponse aux besoins sociaux qui manquent cruellement aujourd’hui.

Partager cet article
Repost0
Published by retraitecgtmanche
27 novembre 2013 3 27 /11 /novembre /2013 10:37

La crise financière, économique, sociale et environnementale affecte au quotidien les conditions de travail et de vie de nombreux salariés, chômeurs, retraités et touche spécifiquement les jeunes.

L’ampleur des drames sociaux conduit à la désespérance et menace la cohésion sociale, la capacité à vivre ensemble et in fine la démocratie. L’expression légitime des intérêts particuliers ne peut sans danger laisser se développer les corporatismes en ignorant l’intérêt général. Cette crise qui dépasse nos frontières ne peut exonérer les responsables économiques et politiques de leurs propres responsabilités quant à leurs décisions et leurs choix.

Représentant les salariés dans leur ensemble et leur diversité, les organisations syndicales CFDT, CFTC, CGT, FSU, UNSA considèrent que la leur (responsabilité) est d’agir avec les salariés pour apporter des solutions immédiates aux situations difficiles auxquelles sont confrontés nombre d’entre eux et construire des réponses à plus long terme permettant de redonner à tous sens et confiance dans l’avenir. C’est pourquoi doit s’engager ou se poursuivre un dialogue social avec ces objectifs, dans les entreprises comme dans les secteurs d’activités, les territoires et au niveau national.

Les organisations syndicales interpellent solennellement les responsables économiques et politiques pour que soient apportées des réponses en ce sens :

- par la mobilisation de tous les leviers disponibles pour favoriser l’emploi, en particulier l’accès à l’emploi des jeunes et l’accompagnement des salariés en difficulté ;

- par une plus grande justice sociale, en matière de pouvoir d’achat et de fiscalité ; il est particulièrement nécessaire de réduire les inégalités, d’assurer l’accès de tous à des services publics de qualité et d’évaluer l’efficacité dans l’utilisation des ressources publiques, notamment des aides et exonérations accordées aux entreprises ;

- par l’engagement de la France en faveur d’un plan européen pour l’investissement, une croissance durable et des emplois de qualité en progressant significativement en matière de régulation financière et de financement de l’économie, tel que le propose la Confédération européenne des syndicats.

Ce plan d’investissement doit être accompagné d’un socle social européen évitant les concurrences sociales (salaires minimums, conditions de détachement des travailleurs,...). Les organisations syndicales demandent aux responsables économiques et politiques, au patronat et au gouvernement, de prendre la mesure des mécontentements qui taraudent la société et d’y apporter des réponses. C’est à un sursaut d’engagement qu’elles appellent afin de dépasser les discours et les pratiques qui dressent les uns contre les autres au détriment du « vivre ensemble ».

Pour ce qui les concerne, les organisations syndicales s’engagent à agir en ce sens. Il en va de la justice sociale, comme du progrès économique, de la vie démocratique et de la cohésion sociale. Les organisations syndicales rappellent leur condamnation des dérives racistes, leur engagement à les combattre dans les entreprises et les administrations et leur appel aux manifestations organisées dans toute la France le 30 novembre 2013.

Les présidents et secrétaires généraux des organisations manifesteront ensemble à Paris. Les organisations syndicales CFDT, CFTC, CGT, FSU, UNSA conviennent de se revoir rapidement pour travailler sur les questions d’emploi, de fiscalité, de pouvoir d’achat et sur le plan d’investissement proposé par la CES afin d’étudier la possibilité de porter avec les salariés des propositions communes.

Partager cet article
Repost0
Published by retraitecgtmanche
26 novembre 2013 2 26 /11 /novembre /2013 10:25

Thierry Lepaon a plaidé pour le rassemblement des syndicats et des salariés autour de revendications communes. Il a aussi critiqué le mouvement des Bonnets rouges " des employeurs qui profitent d'un mécontentement social pour rassembler une partie de la population qui risque de s'opposer à une autre".

Partager cet article
Repost0
Published by retraitecgtmanche
26 novembre 2013 2 26 /11 /novembre /2013 10:10

Le secrétaire général de la CGT a rencontré le Premier ministre le 25 novembre 2013 dans le cadre des premiers échanges liés à la remise à plat de la fiscalité.

Thierry Lepaon a fait la déclaration suivante :

Monsieur le Premier Ministre,

Vous venez de faire l’annonce d’une remise à plat de la fiscalité d’ici à 2015 pour parvenir à des « règles plus justes, plus efficaces et plus lisibles ». Cette annonce intervient dans une situation d’insatisfaction aigue que votre gouvernement a contribué à créer en ne répondant pas aux exigences sociales, notamment celles des salariés et des retraités. L’inquiétude et le mécontentement social se traduisent d’ailleurs dans des luttes dans les entreprises sur les salaires, l’emploi, les conditions de travail ou le respect du droit du travail. L’approfondissement des inégalités entre une infime minorité qui vit dans une opulence indécente et le monde du travail crée une réelle injustice sociale qui se cristallise sur un sentiment d’injustice fiscale.

La hausse de la TVA au 1er janvier 2014 et que vous persistez à maintenir contribue à cette injustice. Il ne nous échappe pas que la réponse politique que vous allez devoir apporter est sous influence : Celle des pressions politiques de la Commission de Bruxelles, sur le train de réformes de la France pour poursuivre les politiques d’austérité. Celle de l’intervention des agences de notation au moment même du vote de la loi sur la réforme des retraites et du vote du budget. Enfin, celle du MEDEF sur le coût du travail et la baisse des dépenses publiques. En même temps, les marges de manœuvre politiques sont ouvertes pour une réorientation en faveur de la relance économique en Europe et en France. 51% des européens estiment que les politiques d’austérité menées depuis le début de la crise ont échoué. Les économistes de l’OFCE indiquent qu’il faudra des années pour effacer la cure d’austérité menée depuis 2010. Le Président du Parlement Européen estime que l’austérité va beaucoup trop loin et « qu’aucune économie nationale ne se redresse sans une relance économique avec des investissements stratégiques". C’est aussi l’analyse que portent l’ensemble des organisations syndicales européennes qui composent la CES. Celles-ci viennent de rendre publique une proposition très construite et unanime pour un plan de relance des investissements industriels en Europe sur 10 ans qui permettrait de créer 11 millions d’emplois de qualité en Europe. Il y a besoin d’une réponse politique à la situation que vivent les millions de salariés et de retraités en France et en Europe. Il y a des choix à faire.

Faire des choix, cela passe par une confrontation des idées à la fois sur les causes de la crise et sur les solutions à apporter. C’est la raison de notre demande d’ouverture d’un débat sur la répartition des richesses créées par le travail et le surcoût du capital qui handicape le développement économique et social. La place du travail, sa reconnaissance, sa rémunération devrait être au centre de la démocratie sociale. La méthode consistant à réduire ce que vous appelez la concertation à des contacts bilatéraux entre le gouvernement et les partenaires sociaux est inacceptable. Cela vous permet de retenir ou non les analyses et propositions des uns et des autres. Cela nous prive de la confrontation des points de vue et des intérêts sociaux. Ce n’est pas notre conception de la démocratie.

Rompre avec les politiques suivies jusqu’à aujourd’hui dans un objectif de progrès social appelle une construction où des intérêts divergents puissent se confronter. Annoncée en début de quinquennat et sur la lancée des engagements de campagne du candidat Hollande, la réforme fiscale aurait dû être un marqueur au service d’une ambition politique de progrès social. C’est le sens politique qui est constitutif du consentement à l’impôt et de sa lisibilité, ce ne sont pas des mesures techniques. De ce point de vue, proposer la fusion entre la CSG et l’impôt sur le revenu entretient la confusion sur le financement de la protection sociale et de ses mécanismes. La CGT pense que les richesses créées par le travail peuvent financer le hors travail et donc les systèmes solidaires de protection sociale. Remettre en cause le financement de la protection sociale par le salaire socialisé, c’est une nouvelle fois faire un cadeau au MEDEF. Vous annoncez l’examen d’une retenue de l’impôt à la source : que cherche-t-on à faire ? Privatiser la collecte de l’impôt ? Les français ont l’exemple en tête de l’écotaxe : coût de la collecte par un prestataire privé : 25% de l’impôt, coût par le service public : 1%. Est-ce cela la visibilité qu’on veut donner au citoyen ? Nous sommes favorables depuis longtemps à une réforme de la fiscalité. Cette réforme porte un double enjeu : renforcer et développer nos capacités productives et rendre la distribution des richesses plus juste, entre individus mais aussi entre territoires. Le développement des services publics participe de ces deux objectifs. L’impôt est un élément de justice sociale pour les citoyens et les salariés, d’où la nécessité de réhabiliter l’impôt sur le revenu et d’assurer vraie progressivité de l’impôt.

La fiscalité des entreprises doit aussi être un élément de justice entre les grandes entreprises, les PME et les TPE. Le cadre législatif et réglementaire qui permet aujourd’hui un taux effectif d’imposition des entreprises du CAC 40 de 8% en moyenne, et jusqu’à 30% pour les petites et moyennes entreprises, doit être modifié. La fiscalité locale pèse de plus en plus sur les ménages. Il faut revoir la taxation des entreprises au service des politiques économiques et de développement humain durable dans les territoires. C’est cet ensemble qui caractérise le rôle de l’impôt qui permet de « faire société ». La réforme fiscale doit accompagner des choix politiques qui aillent en ce sens. Le cadrage dans lequel vous inscrivez le projet de réforme ne semble pas relever de ces ambitions puisque vous vous situez dans une contraction durable et historiquement forte de la dépense publique. Le terme même de dépense publique est contestable puisqu’il s’agit en réalité d’investir pour l’avenir. Un nouveau dogme vient de surgir : on aurait atteint en France un maximum de prélèvements publics. Qu’est-ce qui permet de dire ça ? Nous avons fait en France le choix politique de financer solidairement l’accès à la l’éducation, aux services publics, aux infrastructures, à la culture … Le champ du service public et des systèmes sociaux solidaires nous est envié par bon nombre de pays et reconnu comme un amortisseur social efficace à la crise.

 

Les comparaisons internationales n’ont donc pas grand sens, avec des pays qui ont fait d’autres choix et d’autres organisations de l’Etat. Pour autant, nous sommes favorables au contrôle de la dépense publique. Nous avons demandé, avec d’autres, un audit citoyen de la dette publique, une demande qui va dans le sens de l’attachement des citoyens à plus de traçabilité, et plus de contrôle. Pour cela, il faut une volonté politique d’évaluation et des moyens publics, donc des fonctionnaires en nombre suffisant et correctement rémunérés. Avoir des moyens publics s’oppose à la réduction du budget de l’état. L’autre élément de cadrage est celui de la compétitivité des entreprises : là aussi ouvrons le débat. Évaluons le coût de la financiarisation des entreprises sur leur efficacité économique et sociale. Redéfinissons le rôle des banques dans l’accès au crédit pour financer les investissements des entreprises au travers d’un pôle financier public. Redéfinissons les rapports entre donneurs d’ordre et sous-traitants. Donnons des droits d’intervention aux salariés sur le contrôle des aides publiques, leur utilisation et leur efficacité. C’est le sens de notre demande d’évaluation des 200 milliards d’aide publique accordés aux entreprises. Rémunérons les qualifications et investissons dans la recherche et la formation. L’augmentation des salaires est à la fois un élément de justice sociale et un moteur de la relance économique et donc de l’emploi. Augmentez le SMIC de façon significative pour aller rapidement à 1 700 euros bruts par mois, augmentez le point d’indice des fonctionnaires ! Engagez un vrai plan d’action avec un objectif de résultat dans les entreprises pour assurer l’égalité salariale entre les hommes et les femmes.

Voilà les mesures constitutives d’une réorientation politique qui permette de sortir notre pays de la crise.

Partager cet article
Repost0
Published by retraitecgtmanche
22 novembre 2013 5 22 /11 /novembre /2013 17:22

Le MEDEF ne veut pas réellement négocier !

 

La négociation n’a de sens que si chaque organisation syndicale et patronale entre honnêtement dans cette démarche avec la volonté d’aboutir. Les président et vice-président du MEDEF ont fait récemment des déclarations inquiétantes. Elles marquent une volonté de rupture avec les fondements du dialogue social dans notre pays.

Ainsi, pour le Medef, la négociation n’a plus pour objectif d’aboutir à des convergences entre les intérêts des salariés et ceux des employeurs, mais d’arriver « à un accord qui corresponde au mandat adopté à l’unanimité par le comité directeur du Medef ».

Pour la CGT, la négociation n’est pas un engagement à signer, mais à travailler ensemble et à construire une position où chacun peut se retrouver. En affirmant son refus d’aboutir à des accords « qui ne satisferaient pas pleinement le Medef », son président place les organisations syndicales devant un chantage inacceptable.

 

La négociation formation professionnelle qui est en cours fait les frais de ce chantage. Elle a si peu avancé en quatre séances, que l’on se demande si elle a encore une chance d’aboutir dans les délais fixés par le ministre en charge de la formation professionnelle.

La CGT avait exprimé ses réserves sur l’ouverture d’une nouvelle réforme de la formation professionnelle, annoncée comme globale, à partir de la création d’un nouveau dispositif, le compte personnel de formation (CPF). Elle avait alerté sur l’impréparation de la démarche et la contradiction entre l’ambition d’une réforme prétendant changer profondément le système actuel de la formation professionnelle et les délais excessivement courts imposés à cette négociation.

Nos inquiétudes étaient justifiées. Le Medef veut se saisir de la situation ainsi créée pour tenter de passer en force et remettre en cause les droits obtenus dans les accords nationaux interprofessionnels de 2003 et 2009, que la CGT avait signés. Ces exigences rendent inutile une nouvelle bilatérale.

La responsabilité des cinq confédérations syndicales, ainsi que celle des deux autres organisations patronales, est engagée. Se laisseront-elles dicter un accord aux seules conditions du Medef ou sauront elles construire ensemble les bases d’un accord profitable à tous ?

Le Medef a annulé la séance de négociation qui était prévue le  21 novembre 2013. Cet évènement inédit met désormais sur la place publique de graves dissensions entre les délégations patronales.

La tentative de passage en force du Medef sur la suppression de l’obligation légale aura conduit à cette situation.

Sur la question cruciale des moyens financiers, la CGT réaffirme sa volonté de voir maintenues une obligation de financement et une mutualisation de haut niveau qui dégage les moyens d’une politique nationale interprofessionnelle :

- participant au développement économique des secteurs d’activité et des territoires,

- permettant de corriger les inégalités d’accès à la formation des publics les plus fragiles,

- concourant à la mise en d’oeuvre d’une sécurité sociale professionnelle.

Lors des séances précédentes, à l’exception du Medef, les participants ont marqué leur volonté de construire et d’améliorer le système de formation professionnelle dans l’état d’esprit qui a permis les accords unanimes de 2003 et 2009. Pour la CGT, la négociation ne se résume ni au maintien de l’obligation légale, ni à l’intégration du CPF et du CEP. Elle entend faire valoir les propositions qu’elle a rendues publiques et note avec satisfaction que plusieurs organisations syndicales et patronales, dans une démarche responsable, avancent elles aussi des propositions constructives.

Le Medef aurait déclaré qu’un bon accord n’était pas nécessairement signé à 8. Pourquoi ne pas le prendre au mot et aboutir à un accord signé à 7 sans le Medef ?

 

 

 

Partager cet article
Repost0
Published by retraitecgtmanche

Présentation

  • : Retraités C G T Manche
  • : Construire une société pour tous les âges par l'action revendicative et la réflexion. Favoriser la syndicalisation, la continuité syndicale et développer les convergences avec les salariés actifs.
  • Contact

  • retraitecgtmanche
  • L'union syndicale des retraités CGT de la Manche a pour but de rassembler les salariés retraités, préretraités, pensionnés, veuves et veufs, en vue de contribuer à assurer la défense et l'amélioration de leurs droits et de leurs intérêts
  • L'union syndicale des retraités CGT de la Manche a pour but de rassembler les salariés retraités, préretraités, pensionnés, veuves et veufs, en vue de contribuer à assurer la défense et l'amélioration de leurs droits et de leurs intérêts

Météo

Horloge

Archives