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26 novembre 2015 4 26 /11 /novembre /2015 20:05

Malgré les terribles et dramatiques événements qui se sont déroulés à Paris le 13 novembre dernier et l'état d'urgence, les retraités se sont rassemblés pour dire l'urgence de répondre à la dégradation de leur situation.

Rassemblement à TOULON

Même s’il a fallu faire avec les interdictions préfectorales et l'émotion suscitée dans la population. La mobilisation organisationnelle et physique des retraités a donc été modifiée par l'ensemble de ces aspects.

Une mobilisation unitaire

Cette initiative unitaire s'est inscrite dans la continuité des luttes des retraités pour leurs libertés et droits à revendiquer. Pour autant, au regard du recensement, ces nombreuses initiatives portées à notre connaissance ont permis aux retraités et à leurs représentants d'affirmer leurs revendications sous de multiples formes décidées localement : manifestations, rassemblements devant les Sous-préfectures, Préfectures, Hôtels de villes, interpellations d’Elus, débats publics, etc… Délégations avec audiences et/ou avec dépôt de motion. Dans la Manche, une délégation a été reçue à la Préfecture de SAINT-LÔ et a déposé une motion.

Les médias ont été largement sollicités et les conférences de presse ou communiqués assez bien retraduits.

 

Ni mendiants, ni privilégiés

Les retraités ont largement porté leurs revendications en insistant sur la baisse de leur niveau de vie, consécutive à l’augmentation du coût de la vie et l’ensemble des mesures régressives prises depuis 1993. C’est avec force et détermination que les retraités ont dénoncé l’indécence de la revalorisation de 0,1% consentie au 1er octobre 2015. Ni mendiants, ni privilégiés, les retraités ont réaffirmé leur droit à pouvoir vivre de leur retraite dignement.

 

Il n’est malheureusement plus à démontrer que les difficultés vécues au quotidien s’aggravent pour de plus en plus de retraités, conduisant beaucoup d’entres eux à vivre sous le seuil de pauvreté et à solliciter les aides sociales.

L’urgence sociale doit devenir une priorité.

Cela nécessite d’autres choix politiques et sociaux qui passent par une répartition des richesses créées, permettant une revalorisation des pensions, l'amélioration du pouvoir d'achat, la mise en place de la Loi d'orientation et d'adaptation de la société au vieillissement, assortie des moyens financiers nécessaires dans le cadre de la Sécurité sociale.

Rendez-vous est pris Les Organisations syndicales et associatives se rencontreront à nouveau le 18 décembre pour envisager et décider, dans l’unité la plus large, d’un prolongement à ces actions sur nos revendications par de nouvelles initiatives en début d’année.

L'Ucr rappelle la journée d’action interprofessionnelle du 2 décembre, décidée par la CGT, pour dire « NON A LA VIOLENCE SOCIALE » et " OUI A L'EFFICACITE SOCIALE".

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18 novembre 2015 3 18 /11 /novembre /2015 20:11

 Déclaration du Comité confédéral national de la CGT 

 

Le Comité confédéral national de la CGT réuni les 17 et 18 novembre 2015, tient à témoigner son soutien et sa solidarité à l’ensemble des familles touchées par la tragédie du vendredi 13 novembre. Elle salue à nouveau la mobilisation extraordinaire de l’ensemble des agents des services et entreprises publiques.

Ces attentats, perpétrés sur des lieux de culture et de vie, frappent et concernent chacune et chacun d’entre nous, toutes les populations de toutes religions, origines ou nationalités et particulièrement la jeunesse. Des salariés, des adhérents d’organisations syndicales, sont au nombre des victimes, dont plusieurs de la CGT.

Les attentats qui ont touché la France, frappent les populations partout dans le monde, comme à Beyrouth et en Turquie dernièrement, ou lors de l’explosion de l’avion Russe. Notre solidarité s’adresse à toutes les victimes de ces assassinats. Derrière ces atrocités, des discours trop souvent entendus reviennent à grands pas. La guerre ne règle rien, au contraire. Les lieux de tensions et conflits se multiplient avec leurs cortèges de morts, de destruction, de désolation et de haine. Les multiples interventions militaires (en Irak, en Lybie, en Syrie, etc.), loin d’instaurer la démocratie ont généré un appauvrissement des populations avec des centaines de milliers de victimes et une impasse économique et sociale. C’est le terreau sur lequel le terrorisme se développe, poussant des populations entières sur le chemin de l’exil.

Avant la fin de la 2ème guerre mondiale, lors de la déclaration de l’OIT en 1944, l’ensemble des pays de la planète avait affirmé que seule la justice sociale serait facteur de paix. Bon nombre de gouvernements l’ont oublié et font le contraire. La CGT réaffirme ses valeurs de paix et de fraternité dans son combat pour le progrès social, la démocratie, la liberté, la laïcité, nécessaires au bien vivre ensemble.

Elle s’insurge contre l’invitation du front national à l’Elysée.

Elle refuse toute stigmatisation des étrangers et amalgame entre immigration et terrorisme.

Aujourd’hui, la CGT prend note que le Président annonce dans son discours, ne plus considérer le pacte de stabilité comme un horizon indépassable. Elle exige donc un pacte de progrès, de démocratie sociale, d’éducation, de sécurité et de paix pour toutes les populations. Nous sommes favorables à un renforcement de la sécurité et des libertés des citoyens. Il ne faut pas confondre des moyens et des effectifs de police et gendarmerie supplémentaires avec une restriction des libertés individuelles et collectives. De même, combattre, écarter les formes de radicalisation passe avant tout par le respect des droits fondamentaux d’accès à l’éducation, à la culture, à la santé et à l’emploi.

Ce n’est pas une quelconque modification de la constitution qui permettra de tarir les sources de financement et d’armement des terroristes.

Il faut d’ailleurs souligner que l’Etat français est le 2ème pays vendeur d’armes au monde, devant la Russie et la Chine.

La CGT exige l’arrêt de tout commerce d’armes avec les Etats qui entretiennent des liens avec les terroristes. Elle demande que la priorité soit donnée à la recherche de solutions multilatérales dans le cadre de l’ONU. Elle refuse que les salariés et la population française, à travers des modifications de la constitution, soient placés de fait dans un état d’urgence permanent. Elle refuse que l’expression revendicative et le mouvement social soient muselés.

Cette situation douloureuse touche la conscience de chacun des citoyens, mais c’est bien le combat pour la justice sociale qui fera reculer les guerres, le terrorisme, le fondamentalisme, la xénophobie, le racisme, l’obscurantisme et la régression.

Plus que jamais, la CGT appelle les salariés à refuser les reculs sociaux et se mobiliser pour les salaires, l’emploi, la réduction du temps de travail et l’amélioration des conditions de travail, la protection sociale, les libertés syndicales.

La CGT engage une large consultation des salariés, afin d’être à l’écoute et de partager avec eux ses propositions pour sortir de cette crise. Elle débattra de la nécessaire mobilisation à mettre en œuvre pour y parvenir. Pour cela, le Comité confédéral national, appelle à poursuivre et amplifier la rencontre de ses syndiqués dans leurs syndicats, sur leurs lieux de travail. Après le temps du recueillement, les rendez-vous revendicatifs et mobilisations programmés doivent avoir lieu en travaillant des modalités permettant d’assurer la sécurité des salariés. Pas plus qu’il n’y a de trêve dans les attaques contre le monde du travail, il n’y aura de trêve dans l’action syndicale pour le progrès social. Notamment, le 2 décembre où la CGT appelle à une journée nationale d’action organisée en territoire, ayant pour thème « NON à la violence sociale, OUI à l’efficacité économique, sociale et environnementale ».

La CGT œuvre pour préserver les droits et la citoyenneté de tous. C’est en ce sens, qu’elle a sollicité une rencontre avec le Gouvernement, sur le contenu des futures modifications constitutionnelles envisagées et pour les mesures à prendre allant dans le sens des attentes des salariés, dans le cadre de l’état d’urgence.

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16 novembre 2015 1 16 /11 /novembre /2015 10:12

 La CGT est profondément choquée et indignée par les attentats criminels qui ont été perpétrés la vendredi à Paris. Toute la CGT tient à témoigner de son soutien et de sa solidarité à l’ensemble des familles touchées par cette tragédie.

Elle salue la mobilisation extraordinaire de l’ensemble des agents des services et entreprises publics, qui montrent en chaque circonstance, leur engagement au service des populations. Les militants et les syndiqués de la CGT continueront plus que jamais à défendre au quotidien les valeurs de solidarité, de paix et de fraternité, valeurs essentielles de la démocratie et de notre république.

Alors que notre société vit une crise économique et sociale terrible, ces fondamentaux doivent être réaffirmés plus que jamais. Face à ces actes criminels sans précédent, toutes tentatives d’opposition de salariés ou de citoyens doivent être condamnées.

Le gouvernement vient de prendre des mesures d’urgences en matière de sécurité. La CGT réaffirme son attachement aux libertés individuelles et collectives. Au-delà de ces heures d’émotion et de recueillement, d’autres mesures, tant au niveau national qu’international, seront à mettre en œuvre rapidement pour retrouver ces valeurs de la République et conquérir une paix durable partout dans le monde.

Le mouvement syndical français et mondial doit s’unir dans cette période. Les messages de condamnation et de soutien arrivés de nombreux pays du monde, montrent que c’est possible et indispensable

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9 novembre 2015 1 09 /11 /novembre /2015 10:14

Le Code du travail en danger.

Un long discours pour expliquer à ceux qui ne l’auraient pas encore compris que le responsable du chômage, de la crise, c’est la complexité du Code du Travail, son contenu illisible et confus ! Les entreprises n’y comprendraient rien, les salariés non plus. « Il convient donc de le refonder » nous dit Manuel VALLS avec l’objectif de rendre les entreprises plus compétitives tout en protégeant les salariés « avec des garanties plus adaptées aux évolutions de notre économie ».

Pour ce faire, un projet de loi « élaboré dans le dialogue avec les partenaires sociaux » sera présenté… début 2016 sans pour autant en préciser ni le contenu ni la forme.

De qui se moque-t-on !

L’objectif est clair : définir un socle de droits minimums (SMIC, congés payés, durée légale du travail) et renvoyer tout le reste aux accords de branches ou d’entreprises avec y compris possibilité de déroger au socle minimum.

Le but n’est pas de « simplifier, négocier, et sécuriser » mais bien de simplifier, déroger et affaiblir les droits !

Comme si rendre plus simples les licenciements favorisait l’emploi.

Bien que le Premier ministre s’en défende, c’est bien du renversement de la hiérarchie des normes dont il s’agit. Le Code du travail ne protègerait plus mais deviendrait la voiture balai équipée d’un seul socle de droit minimum au rabais. Nous ne sommes pas loin de la négociation de gré à gré, rêve à peine caché de Pierre GATTAZ et consorts. Manuel VALLS est d’ailleurs clair, puisqu’il indique que la réécriture du Code du travail ne se ferait pas à droit constant.

En l’état, les annonces du Premier ministre sont plus qu’inquiétantes et donnent la part belle aux revendications du MEDEF. Elles se situent dans la continuité des lois précédentes considérant que le travail et les droits qui l’entourent sont des obstacles à la compétitivité des entreprises.

Aux grands maux, mauvais remèdes !

Ce dont notre pays souffre ce n’est pas de la complexité du Code du travail qui doit garantir les mêmes droits pour tous mais le coût du capital, de l’appétit des actionnaires, de l’évasion fiscale, de la précarité, du chômage de masse et d’une politique qui ne cesse de tourner le dos aux intérêts des salariés.

La CGT alerte les salariés de la dangerosité de ces annonces et restera à leurs côtés pour exiger des garanties collectives de haut niveau et un code du travail protecteur de tous.

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2 novembre 2015 1 02 /11 /novembre /2015 20:07

 Pour les salariés et les retraités :accord perdant / perdant

 

 Malgré l’émoi suscité parmi les salariés et les retraités par l’accord de principe signé par la CFDT, la CFTC et la CGC, la 7ème séance de négociation sur les régimes ARRCO et AGIRC qui s’est déroulée ce vendredi 30 octobre au MEDEF confirme les reculs pour le monde du travail :

⁃ Un report de l’âge de départ en retraite d’un an,

⁃ La disparition à partir de 2019 de l’AGFF alors qu’elle permet de financer les départs en retraite entre 62 et 67 ans

⁃ La baisse du niveau des pensions pour toutes et tous, notamment pour les 56% de salariés qui ne sont plus en activité au moment où ils font valoir leurs droits à retraite,

⁃ La remise en cause des droits spécifiques pour les cadres, notamment la GMP et l’incertitude sur l’avenir de leur statut, Les signataires (CFDT, CGC, CFTC) ont confirmé leur approbation à cet accord.

Alors que les derniers chiffres du chômage montrent que l’emploi des seniors ne cessent de se dégrader (+ 8,5 % sur 1 an), que notre économie souffre d’un manque de consommation, les mesures proposées dans cet accord reportent l’âge effectif de départ en retraite et une baisse des pensions par :

⁃ La sous-indexation des pensions sur la base de l’inflation – 1 %,

⁃ Le décalage de la revalorisation au 1er novembre

⁃ L’augmentation de la valeur d’achat du point

La catégorie cadre est particulièrement visée par une fusion des régimes AGIRC et ARRCO, la création d’un régime unifié et une remise en cause de la GMP (garantie minimale de point), de l’APEC et de leur statut.

La proposition consistant à engager des négociations devant se conclure avant le 1er janvier 2018 sur la définition de l’encadrement, comme celle de prendre en compte la question de l’emploi des seniors dans la négociation de la convention assurance chômage, ne font que renvoyer à plus tard l’examen de ces sujets sans aucune garantie d’aboutir.

Cet accord est particulièrement odieux pour les femmes qui liquident leurs droits à retraite 8 mois après les hommes, qui perçoivent des pensions amputées de 40% à l’ARRCO et 60 % à l’AGIRC par rapport aux hommes. Elles seront à nouveau les grandes perdantes de cet accord.

La CGT entend poursuivre son travail d’information, d’alerte sur les conséquences d’un tel accord qui va à l’encontre des intérêts des salariés et des retraités et qui va dans le sens d’une plus grande place faite aux assureurs privés, tout en allant vers un régime unique.

La mise en œuvre de cet accord ne produira tous ses effets qu’à partir de 2019 : la CGT appelle tous les salarié-e-s et les retraité-e-s à intervenir pour imposer des alternatives de progrès.

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30 octobre 2015 5 30 /10 /octobre /2015 10:07

Invité à La Nouvelle Edition de Canal Plus,  le Secrétaire Général de la CGT commente la baisse de 23 800 chômeurs enregistrée en septembre 2015.

Faut-il voir un début de retournement de tendance concernant la courbe du chômage ?

Malgré une baisse du nombre de demandeurs d’emploi en catégorie A de 23 800 en septembre 2015, les chiffres du chômage montrent une nette croissance des catégories B et C soit une montée de la précarité.

Philippe Martinez aborde également le statut des jeunes travailleurs, les plans de restructurations notamment celui d’Air France, la simplification du code du travail proposée par le gouvernement, etc.

Pas de quoi se réjouir

 

 

Sur un an le nombre de demandeurs d’emploi en France a augmenté de 306 300 pour atteindre 5 781,7 millions.

Malgré une baisse du nombre de demandeurs d’emploi en catégorie A de 23 800 en septembre 2015, les chiffres du chômage montrent une nette croissance des catégories B et C soit une montée de la précarité.

          

Ces chiffres confirment la montée de la précarité qui coûte pourtant, selon les services de l’Unedic, quelques 8,3 milliards d’euros chaque année à l’assurance chômage.

Ceux qui en payent le plus lourd tribut sont les seniors et les chômeurs de longue et très longue durée. Pourtant, le gouvernement a choisi de continuer dans la voie qui nous a conduits à ces résultats. Notamment à travers la confirmation du pacte de responsabilité dans le cadre du PLFSS 2016, les exonérations qui deviennent légion et les politiques d’aides sans conditions ni contrôle dont bénéficient les plus grandes entreprises au détriment d’abord des salariés concernés mais aussi des entreprises les plus fragiles, les TPE.

Le contenu du dernier accord de principe du 16 octobre 2015, sur les retraites complémentaires, va en rajouter, puisque la première des conséquences est un report de l’âge effectif de départ en retraite d’un an, ce qui ne sera pas sans effet sur la situation de l’emploi.

Ce n’est pas non plus le contenu de la conférence sociale que nous avons décidée de boycotter qui va changer la donne. Les mêmes causes produisent les mêmes effets. Nous réaffirmons que ce qui manque, c’est une réelle relance du pouvoir d’achat par une augmentation des salaires et des pensions. Une volonté de créer des emplois stables et un financement de la protection sociale qui prenne en compte les politiques menées par les employeurs. Notamment en pénalisant ceux qui, sans scrupule, ne respectent pas les lois de la République.

La CGT entend poursuivre ce combat, n’en déplaise au Président de la République, au Premier ministre ou aux organisations patronales rétrogrades.

 

 

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26 octobre 2015 1 26 /10 /octobre /2015 19:57

Air France : règles, violences, surenchères

Le 15 octobre 2015

Règles ?

Pour le gouvernement (qui amorce un mouvement de repli), le Medef, la droite et son extrême les interventions policières à 6h du matin chez des salariés relèvent de l’application « stricte » des règles et des lois. Valls et Mme Taubira se réfugient derrière cet argument pour tenter d’expliquer une forfaiture contre les salariés et le syndicat CGT. Sauf que le respect des règles et des lois ne s’applique jamais contre les fraudeurs, les voleurs en col blanc, les puissants impliqués dans de sordides affaires. Nous sommes donc bel et bien confrontés à une justice de classe.

Violences ?

Elles n’ont jamais profité à la classe ouvrière, répète-t-on un peu trop à mon goût en ce moment. C’est un fait, comme il est remarquable que pendant tous les grands mouvements, les ouvriers ont protégé leurs outils de travail. Mais lorsqu’il y a eu trop plein, les travailleurs ont su se défendre parfois violemment. Les canuts et, plus récemment, la Snecma en témoignent. S’en tenir au seul schéma établi de la lutte bien proprette découle d’une sous-estimation de l’exaspération populaire qui politiquement favorise le Front national.

La surenchère ?

Les bons mots, les belles formules, les éclats, les invitations à en faire plus font florès. Il est plus facile de se révolter depuis son salon que dans une entreprise. Ce n’est pas ainsi qu’on soutient efficacement les salariés en lutte.

Les salariés menacés méritent mieux

Autour d'eux et de leur syndicat, l’heure est à la solidarité et à la mobilisation. Rien de plus, rien de moins. En refusant de leur donner des leçons, en leur laissant la liberté de décider.


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Le 14 octobre 2015

La chemise déchirée, tendance mode

Alors que les défilés de mode se préparent dans les salons parisiens, une nouvelle tendance commence à s’affirmer: la chemise déchirée. La « première » a été présentée par des représentants syndicaux ce mercredi matin lors du comité d’entreprise de GRDF provoquant le retrait momentané de la direction peu sensible aux évolutions stylistiques.

D’autres lancements sont annoncés, la mode dans le sens large du terme ayant une connotation sociale d’une profonde envergure, faisant fi des convenances et s’exprimant par des choix plus ou moins osés. L’avenir est aux chemises déchirées.


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Le 12 octobre 2015

Justice de classe

A quatre heures trente ce lundi matin, dans les commissariats de plusieurs départements proches de Paris, l’alerte était au rouge : rassemblement des policiers, dernier briefing sur la mission, vérification des armes et des gilets pare balles, répartition des personnels dans les véhicules. L’opération était programmée à six heures pétantes. Il fallait faire vite et éviter les témoins.

S’agissait-il de terroristes préparant un attentat ? De malfrats impliqués dans de sales affaires ? De voyous en col blancs spécialistes du détournement de biens publics, anciens membres des gouvernements d’hier et d’aujourd’hui, de la droite et son extrême ? D’assassins recherchés ?

Vous n’y êtes pas.

La rafle de ce matin visait plusieurs salariés d’Air France suspectés d’avoir arraché leurs chemises à des membres de la direction venus annoncer des milliers de licenciements après s’être octroyés, eux et leur PDG, des augmentations de salaires allant de 30 à 70%.

L’ancien ministre socialiste Jules Moch s’était distingué en 1948 en faisant tirer sur les mineurs en grève. Il les qualifiait de « racailles ».

Manuel Valls a vu des « voyous » parmi les salariés désespérés d’Air France et a fait donner la police.

Les années passent, les méthodes des puissants ne changent pas pratiquant la même violente et méprisante justice de classe.

 

José Fort

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24 octobre 2015 6 24 /10 /octobre /2015 19:03

 Travailler toutes, travailler tous, travailler mieux et travailler moins !

La CGT a lancé une grande campagne en faveur de la réduction du temps de travail à 32 heures.

Elle a présenté  ses cinq arguments et propose une mise en débat avec les salariés. De nombreuses initiatives jalonneront la campagne.  Une journée d’études sera organisée avec l’Union générale des ingénieurs, cadres et techniciens de la CGT sur la RTT et le numérique.

Le 3 décembre, la CGT fera un bilan des 35 heures, de leur mise en œuvre avec celles et ceux qui les ont négociées. Et tout au long du premier semestre 2016, des initiatives seront organisées. Voici en détail, les cinq arguments pour aller vers les 35 heures, ainsi que les pistes que la CGT met en débat avec les salariés.

 

L’Europe et la France sont au bord de la rupture, les politiques d’austérité ont engendré les crises financières et économiques, le chômage massif et la pauvreté : l’Europe compte 24 millions de chômeurs, 85 millions de ses habitants vivent sous le seuil de pauvreté et 60 % des nouveaux emplois créés sont des emplois à temps partiel, précaires en grande majorité.

Les nationalismes, le racisme et la xénophobie sont les autres conséquences de ces politiques désastreuses, entrainant les peuples européens à s’opposer entre eux sur fond de repli nationaliste et communautariste. Poursuivre ces politiques austéritaires, s’attaquer encore et toujours aux droits des travailleurs, à leurs protections sociales, déréglementer la législation du travail et augmenter la durée légale du travail dans ce contexte, c’est tout simplement faire basculer plusieurs dizaines de millions de personnes dans le chômage et la pauvreté.

A contrario, utiliser tous les leviers pour renouer avec la croissance en s’assignant l’objectif du plein emploi et la lutte contre les inégalités et la précarité réconcilierait les citoyens et les travailleurs avec la construction européenne. Cela nous orienterait vers l’Europe des peuples et des nations qui coopèrent entre elles plutôt qu’elles ne livrent leurs populations au marché et aux lois de la concurrence.

Un de ces leviers de croissance est assurément une nouvelle réduction du temps de travail à l’échelle européenne et nationale.

Alors que la commission européenne a annoncé la réouverture de la directive temps de travail, nous proposons à toutes les organisations syndicales européennes, au travers de la confédération européenne des syndicats, de lancer une grande campagne pour une nouvelle réduction du temps de travail. L’objectif est d’obtenir que la nouvelle directive européenne se donne pour objectif de réduire le temps de travail à l’échelle de l’Union européenne, en renforçant les droits et protections des travailleurs.

La CGT en lançant sa campagne entend mener ce débat avec l’ensemble des travailleur-se-s. Nous avançons cinq arguments pour une nouvelle réduction du temps de travail. Cinq arguments pour aller vers les 32 heures

1) La réduction du temps de travail sauvera et créera des emplois.

Contrairement aux idées reçues, la réduction du temps de travail est une réalité de longue date : entre 1970 et 2010, la durée réelle du temps travail est en baisse dans tous les pays de l’OCDE. Les gains de productivité et les ruptures technologiques sont à l’origine de cette baisse de la durée réelle du temps de travail. En période de crise comme lors des chocs pétroliers précédents ou encore des crises financières et économiques actuelles, la RTT est massivement utilisée : elle est imposée par le patronat et payée par les salariés au travers du chômage, de la précarité, des temps partiels et de l’utilisation massive du chômage partiel. Le vrai débat se situe donc entre, d’une part, une RTT imposée aux salariés par le patronat, subie et payée par les salariés au travers du chômage et de la précarité et, d’autre part, une RTT choisie, encadrée par la loi et négociée par accords collectifs de branches et d’entreprises.

Les lois Aubry ont permis la création de 350 000 emplois directs, elles ont permis une période inédite de croissance, un niveau du dialogue social inégalé depuis et une réduction réelle du temps de travail à moins de 40 heures hebdomadaire. Les semaines de congés payés ont permis à des millions de familles de profiter de vacances et ont créé des millions d’emplois et une nouvelle industrie du tourisme et des loisirs. La retraite à 60 ans a permis à des millions de travailleurs de vivre une partie de leur vie en bonne santé, c’est un facteur indéniable de l’amélioration de l’espérance de vie, mais aussi un apport considérable pour le PIB du pays. A contrario, relever l’âge de la retraite laisse des millions de seniors au chômage et des millions de jeunes sans emploi. Durant ces trente dernières années, aucun autre dispositif que les lois sur les 35 heures n’a permis la création d’emplois massifs combinée à la croissance et au dynamisme du dialogue social.

Mettre en place les 32 heures hebdomadaires c’est donc créer de l’emploi rapidement, massivement. C’est relancer la croissance, notamment par la consommation, en remettant dans le jeu des millions de personnes qui sont actuellement privés d’emploi, qui subissent le temps partiel et la précarité.

Le passage réel à 32 heures est potentiellement source de création de 4 millions d’emplois.

Le financement du passage aux 32 heures pourrait être assuré, d’une part, par la réorientation des exonérations de cotisations sociales et des aides publiques évaluées aujourd’hui à 10 points de PIB et, d’autre part, par la dynamique de croissance qu’engendreront les créations d’emplois.

Les ressources nouvelles seront apportées par les emplois créés, la résorption des inégalités salariales et de temps de travail entre femmes et hommes, la croissance, l’amélioration de la santé des travailleurs

. Réduire le temps de travail, c’est aussi anticiper les nouvelles ruptures technologiques comme l’arrivée massive du numérique dans nos économies et nos industries. Les analyses prospectives [1] démontrent que d’ici vingt ans, c’est plus de 42 % des métiers qui seront impactés par le numérique, l’automatisation et la robotisation. Après la casse de l’outil industriel et la suppression de milliers d’emplois d’ouvriers depuis le premier choc pétrolier, ce sont maintenant les emplois intermédiaires qui sont concernés, avec 3 millions pouvant être détruits d’ici à 2025.

Le seul moyen de renouer avec les créations d’emploi est donc de lier la révolution numérique à une réduction massive du temps de travail, hebdomadaire et sur la vie toute entière. Enfin l’impact sera européen, partant de la directive européenne, pour protéger la santé des travailleurs, mettre fin aux distorsions de concurrences sociales, une nouvelle directive réduisant le temps de travail devra voir le jour. Ce sera une des réponses aux politiques austéritaires et concurrentielles menées en Europe contre les travailleurs et les citoyens.

2) Mieux vivre et travailler mieux : concilier productivité, qualité du travail, santé et sécurité des travailleurs.

Historiquement la RTT a été conquise pour permettre aux salariés d’être en meilleure santé et améliorer leur sécurité au travail Ce fut le cas de la journée de 8 heures, de la semaine de 40 heures puis celle des 35 heures hebdomadaires. La directive sur le temps de travail à l’échelle européenne a d’abord été adoptée pour assurer aux travailleurs une meilleure santé et une meilleure sécurité face à leurs employeurs. Les semaines de congés payés, les congés paternité et maternité, les temps de repos obligatoires, de récupération sont aussi des réponses pour améliorer la vie et protéger la santé des travailleurs face a leurs employeurs. Pour cela, la nouvelle RTT que nous proposons, encadrée par la loi, doit s’accompagner de créations d’emplois et doit aussi prendre en compte une meilleure organisation du travail négociée avec les salariés et leurs syndicats dans les entreprises. La réduction du temps de travail ne doit pas se traduire par une hausse de l’intensification du travail, au contraire. Dans cet objectif, il est nécessaire de transformer le travail et son organisation pour permettre aux salariés d’avoir la possibilité de s’y épanouir. C’est en libérant la parole des salarié-e-s sur leur travail qu’on contribuera à éviter les dérives auxquelles nous avons assistées lors de la mise en place des 35 heures, comme dans les secteurs des services, de l’industrie ou des services publics comme le secteur hospitalier, par exemple.

Contrairement à ce que fait croire le patronat, l’augmentation de la productivité horaire est directement liée à la baisse du temps de travail.

Dans son rapport de 2013 [2] sur la prévention des maladies professionnelles, l’OIT a chiffré le coût du mal-travail à 4 points de PIB par an. Ce niveau est jugé sensiblement équivalent au sein de l’Union européenne, selon cette même étude. Agir pour préserver la santé des salariés est aussi efficace pour les comptes sociaux et sur le plan économique. Selon l’INSEE, les 35 h sont à l’origine de gains de productivité de 4 à 5 % pour les entreprises. Suite aux 35 h, en 2004, la France s'est placée au 2e rang mondial pour la productivité horaire du travail (devant les Etats-Unis, l’Allemagne, le Japon, le royaume Uni, l’Italie,…) et à 20 % au-dessus de la moyenne européenne.

 

3) Gagnez enfin l’effectivité des droits en matière d’égalité entre les femmes et les hommes, concilier la vie professionnelle et la vie privée

Le premier facteur d’inégalité Femmes/Hommes est le temps de travail :

• en matière de taux d’activité : Celui des femmes de 25-54 ans est inférieur de 10 points à celui des hommes ;

• en matière de sous-emploi et de temps de travail : près de 10 % sont en situation de sous-emploi, contre 4 % des hommes ;

• le nombre de femmes travaillant la nuit a doublé en vingt ans ;

• les tâches ménagères sont toujours assumées à 80 % par les femmes ;

• en matière de temps partiel : 30 % des femmes travaillent à temps partiel, 80 % des salariés à temps partiel sont des femmes ;

• la différence de temps de travail est donc la première cause des 27 % d’écarts salariaux entre hommes et femmes. Les temps partiels enferment les femmes dans la précarité, avec des amplitudes horaires dignes de cadres supérieurs, mais des salaires inférieurs au seuil de pauvreté et n’ouvrant aucun droits sociaux. Les femmes subissent également des carrières discontinues, étant contraintes de s’arrêter pour élever les enfants ou pour prendre en charge les personnes âgées ou dépendantes. Ceci se répercute ensuite sur la retraite et explique l’essentiel des 40 % d’écart de pension entre hommes et femmes.

Baisser le temps de travail, c’est mieux le partager et permettre aux femmes à temps partiel d’accéder enfin à un temps plein.

Dans une perspective de progrès pour toutes et tous, baisser le temps de travail hebdomadaire, annuel et sur la vie entière, c’est permettre à toutes et tous de travailler à temps plein tout en assumant sa parentalité. L’enjeu est de permettre à toutes et tous d’articuler vie privée et vie professionnelle. Les pratiques managériales et la mauvaise utilisation des outils numériques, encouragées par les directions d’entreprises, conduisent à prolonger le lien de subordination du salarié au-delà de sa durée contractuelle. Cela porte atteinte à l’équilibre vie privée – vie professionnelle. Les salarié-e-s adoptent des comportements pour préserver la qualité du travail, leur vie personnelle et leur santé afin de prévenir l’épuisement physiologique et psychologique lié aux modes d’organisation du travail. Le burn out, les suicides liés aux pratiques managériales, au mode d’organisation comme le lean, impactent désormais l’ensemble du salariat. La mode consiste à faire croire que tous les secteurs économiques doivent tourner 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. Aux salariés de s’y adapter et d’y laisser leur vie familiale et leur santé.

4) La nouvelle RTT s’attaquera aux inégalités et à la précarité : RTT négociée et choisie par les salarié-e-s face à la RTT imposée par le patronat

En matière de RTT comme en matière salariale, les inégalités se sont creusées en France. Si la durée légale du temps de travail en France est fixée à 35 heures hebdomadaires, la durée effective moyenne par salarié est de 39 heures et celle des travailleurs à temps partiel est de 23,5 heures. En 1983, 9 % des salariés étaient à temps partiel, ils ou plutôt elles représentent 20 % aujourd’hui. En effet, huit salariés à temps partiel sur dix sont des femmes et neuf sur dix travaillent dans le tertiaire. Or, 60 % des travailleurs à temps partiels subissent le temps partiel et souhaiteraient exercer leur activité à temps plein. En outre, plus d’un demi-million de salarié-e-s sont en intérim avec une durée moyenne de mission inférieure à deux semaines. En tout, ce sont 6 millions de personnes qui sont privées d’emploi sans aucune activité ou avec une activité réduite.

Nos propositions visent à permettre à des millions de salarié-e-s d’accéder à un temps plein à 32 heures, à résorber la précarité et les contrats courts subis, à permettre aux salariés de partir plus tôt en retraite pour cause de pénibilité et à prévenir celle-ci par des aménagements du temps de travail négociés. Enfin nous proposons de mieux encadrer l’utilisation de l’activité partielle, devenu un mode de gestion et d’optimisation pour les grandes entreprises.

5) Aujourd’hui, les salariés travaillent bien plus que 35 heures

La durée réelle du travail en France est d’environ 36 heures hebdomadaires (temps plein et partiel inclus), nous nous situons au-dessus de l’Allemagne dans ce domaine.En réalité, elle est de 39 h 30 heures pour les temps pleins. Les cadres travaillent en moyenne 44 h 30 par semaine (et 46 h 30 pour ceux qui sont au forfait jours), les techniciens 42 h 30 par semaine. Ces chiffres sont sous-estimés, car nombreux sont les salariés qui effectuent des heures supplémentaires sans paiement ni récupération (les professions techniciennes disent que c’est le cas pour 50 % de leurs heures supplémentaires). Les technologies de l’information et de la communication amplifient ce phénomène et conduisent à une intensification du travail et à un brouillage des frontières entre vie privée et vie professionnelle. 75 % des cadres disent utiliser les outils numériques à des fins professionnelles en-dehors de leur lieu et temps de travail, on assiste ainsi à une explosion du travail au noir. Ainsi, du fait du numérique et de l’assouplissement des 35 h avec l’augmentation des plafonds d’heures supplémentaires, on assiste à un mouvement d’augmentation du temps de travail, de la charge de travail et de l’intensification du travail des salariés à temps complet. En France, pour les salariés à temps complet, l’essentiel de la baisse de la durée hebdomadaire s’est accompli entre 1966 et 1982. Elle est passée d’environ 45,5 heures à un alignement sur la durée légale, soit 40 puis 39 heures en 1982. Mais l’explosion des temps partiels et des contrats courts qui s’est généralisée dans tous les pays développés à partir des années 70 a contribué à une RTT imposée par le patronat et subie par les salariés.

Les meures européennes et nationales prises au nom de la compétitivité et des emplois visant à augmenter la durée légale du temps de travail, ou à la contourner pour y déroger, ont toutes abouti à l’échec :

Croissance atone voire déflation, explosion de la précarité, chômage de masse.

Casser ce cycle austéritaire passe par une nouvelle RTT sans perte de salaires à l’échelle nationale et une nouvelle directive européenne baissant le temps de travail hebdomadaire. Nous souhaitons un grand débat national et européen sur ces propositions à commencer par un état des lieux réel sur l’application de la directive européenne dans les pays de l’Union et sur l’impact de la RTT en France. Nous souhaitons que ce débat fasse la lumière sur les effets des politiques d’aides publiques et d’exonération de cotisations sociales depuis ces vingt dernières années, notamment leurs effets sur la recherche, la production industrielle, les exportations, l’impact sur les services publics, le financement de la protection sociale, la croissance, l’emploi et les salaires.

Quelles conséquences aussi sur les comptes publics et sociaux, sur la santé des travailleurs, des retraités, sur l’égalité entre les femmes et les hommes ?

La CGT revendique ce débat national et européen car les raccourcis économiques et de compétitivité ont été trop souvent avancés par les politiques pro-actionnariales. Elles ont empêché ce débat et toute la lumière qui doit être faite sur les piètres résultats économiques et sociaux de ces politiques. Nous proposons de conduire ce débat avec les salariés et de construire avec eux les propositions pour conquérir cette revendication de progrès social qu’est la nouvelle réduction du temps de travail.

Comment ?

1) Une réduction du temps de travail à l’échelle européenne

La directive sur le temps de travail sera probablement renégociée, la commission européenne venant de donner son feu vert et le patronat souhaitant en faire un nouvel axe de sa politique de déréglementation du temps de travail. La CGT, opposée à cette renégociation, prendra des initiatives au sein de la Confédération européenne des syndicats pour une directive dont les objectifs doivent rester la protection des salariés, de leur santé et de leur sécurité. Nous proposons que la CES œuvre pour une nouvelle directive de progrès, notamment en permettant que la durée légale du temps de travail soit abaissée. En Allemagne, en Suède, aux Pays-bas et même en Angleterre, le sujet de la RTT négociée est à nouveau sur le devant de la scène. La nouvelle directive, si elle devait voir le jour, doit également répondre aux objectifs de plein emploi et de progrès sociaux contenus dans le manifeste de Paris, adopté par l’ensemble des syndicats européens à l’occasion du congrès de la Confédération Européenne des Syndicats.

2) En France, la CGT est favorable à un grand débat national portant sur l’ensemble des leviers permettant de sortir d’un cycle de plus de dix ans de politiques anti-croissance et anti-emploi.

Les leviers sont divers, mais doivent rompre avec les politiques de cadeaux fiscaux et sociaux faits aux actionnaires des entreprises, encourageant les bas salaires, avec les spirales de précarisation du salariat, avec l’affaiblissement des services publics et du système de financement de la protection sociale. Un des leviers pour atteindre les objectifs du plein emploi est une nouvelle loi portant sur la réduction du temps de travail dont la durée légale serait portée à 32 heures hebdomadaires sans perte de salaire. Cela pourra passer par des négociations visant à généraliser la semaine de quatre jours dans l’objectif de limiter considérablement les émissions de gaz à effets de serre et de lutter contre le réchauffement climatique.

Cette loi pourrait inclure la 6e semaine de congés payés. Elle devra aussi, à l’image de la loi Aubry, lier la réduction du temps de travail à l’obligation de créer des emplois. Elle devrait permettre une augmentation du taux horaire, s’attaquer au temps partiel subi, à la lutte contre la précarité et laisser une large place pour sa mise en œuvre à des négociations et des accords majoritaires dans les branches et les entreprises. Par le dialogue social et l’encadrement législatif, nous sommes convaincus des effets bénéfiques de cette nouvelle RTT sur la croissance, l’emploi et la santé des travailleurs. Propositions et pistes que la CGT met en débat avec les salarié-e-s.

Les attaques contre les lois Aubry, contre la retraite et le financement de la protection sociale aboutissent au chômage de masse, aux inégalités salariales, aux inégalités de statuts, et aux inégalités devant le temps de travail : imposé par le patronat, subi et payé par les salariés.

La CGT, tout au long de l’année 2016 , mettra en débat quatre séries de propositions à affiner et à concrétiser avec les salariés dans les entreprises et les branches dans le cadre de la durée légale actuelle et dans l’objectif de gagner les 32 heures pour toutes et tous sans perte de salaire. Avec les salariés nous proposons d’engager ces batailles à tous les niveaux, dans les entreprises, les branches et au niveau national.

1) Travailler toutes et tous : lutter contre la RTT imposée par le patronat et payée par les salarié-e-s

• Evaluer puis supprimer les exonérations de cotisations sociales sur les emplois en CDD, intérim ou à temps partiel ;

• rendre obligatoire le paiement de cotisations patronales sur la base d’un temps complet et garantir les droits correspondants aux salarié-e-s ;

• ouvrir la prime de précarité aux salarié-es à temps partiel ;

• appliquer les mêmes règles de majoration des heures supplémentaires pour les salariés à temps partiels que pour ceux à temps plein (de 25 % sur la première tranche d’heures complémentaires puis de 50 %) ;

• le temps de trajet entre deux emplois [3] doit être considéré comme du temps de travail ; • toute coupure de plus de 2 h dans la journée doit déclencher une compensation salariale et/ou horaire ;

• instaurer pour les salarié-e-s un droit opposable au passage à 24 h par semaine et 7 h par jour ;

• augmentation du temps de repos quotidien à 12 h par jour.

2) Travailler mieux, « lutter contre la pénibilité et le travail du dimanche »

· Ouvrir dans le cadre du C3P la possibilité à partir de 50 ans de multiplier ses points pour pouvoir bénéficier d’un départ anticipé dès 57 ans ;

· passage automatique et immédiat au 32h pour les postés, nuit et les salarié-e-s cumulant au moins trois critères de pénibilité ;

· seniors : à partir de 50 ans et d’un nombre d’années d’exposition à la pénibilité, mise en place de temps partiels seniors (accords temps partiel bonifié) ;

· conformément à la législation européenne, le temps d’astreinte doit être distinct du temps de repos ; · le dimanche travaillé exceptionnellement donne lieu, au minimum, à un doublement du salaire et un repos compensateur. Ce minimum doit être identique quelle que soit la situation (zones touristiques et thermales et PUCE ? ;

· le volontariat est très souvent imposé par le patronat, dans le cadre de la lutte contre le « volontariat subi ». Un accord majoritaire de branche ou d’entreprise doit définir les contours du volontariat et ses contreparties ; · le dimanche : les amplitudes non rémunérées actuellement doivent être intégralement rémunérées et récupérées.

3) Travailler moins quel que soit le niveau d’autonomie et de responsabilité

• Mettre en place un droit à la déconnexion avec des trêves de mails durant les temps de repos. Ces plages de trêves de mails devront être supérieures au temps de repos des salariés et être fixées par accord de branche ou d’entreprise ;

• encadrer strictement les forfaits jours pour garantir le droit à la santé et à la sécurité et des durées maximales de travail ; • instituer une négociation obligatoire sur l’usage des outils numériques. Il est nécessaire de mettre en place des moyens collectifs d’évaluation du temps et de la charge des salarié-e-s ;

• présentation au Comité d’entreprise d’une évaluation du temps de travail des salariés par CSP et par secteur, et des synthèses des données issues des entretiens individuels sur la charge de travail ; • renforcer la règlementation du télétravail et du nomadisme (présomption d’accident du travail, système d’évaluation du temps et de la charge de travail, limitation des plages horaires durant lesquels le salarié peut être joint,…) ;

• renforcer la règlementation sur les déplacements professionnels (présomption d’accident du travail, temps de transport considéré comme du temps de travail, compensation obligatoire) ; • validation des années d’études pour le calcul des droits à la retraire ;

• augmenter les jours de RTT, pour les salarié-e-s au forfait jours, passer le nombre de jours de référence à 200.

4) Travailler moins : un enjeu social et citoyen

Le bilan de la réduction du temps de travail à 35 h a révélé de grandes inégalités quant à l’utilisation de cette RTT. A l’évidence, celle-ci a été différente selon le niveau de salaire, la catégorie sociale professionnelle, ou le sexe du ou de la salarié-e. La RTT doit être facteur de réduction des inégalités entre les femmes et les hommes dans l’articulation vie professionnelle/vie privée. La campagne sur la réduction du temps de travail doit permettre de débattre des conditions d’exercice de la parentalité (dans la petite enfance comme dans le parcours scolaire), de la question des aidants familiaux, ou encore des moyens de favoriser l’activité associative ou citoyenne. La RTT doit bénéficier à toutes et tous, être facteur d’émancipation, d’accès réel aux loisirs et à la culture, de possibilité d’être acteur ou actrice de la cité, et ce quel que soit le salaire ou la situation de famille. La RTT ne doit pas être dévoyée, ce qui nécessite de discuter de : • consacrer du temps à la formation professionnelle : pour la CGT, cela doit représenter 10 % du temps de travail ;

• attribuer des jours pour des missions de coopération à l’international ;

• attribuer du temps pour les activités d’intérêt général (environnemental, enseignement,…) ;

• allonger les congés de paternité et de maternité ;

• attribuer du temps pour activité parentale ;

• attribuer du temps pour les aidants familiaux. Il va de soi que le dimanche doit être le jour de repos commun à la majorité des salariés.

La CGT lance une campagne et des initiatives avec les salariés

Le 26 novembre avec son Union Générale des Ingénieurs, Cadres et Techniciens : une journée d’études intitulée « Réduction du temps de travail et numérique : Bilan d’étape et poursuite de la campagne droit à la déconnexion et RTT ».

Le 3 décembre : bilan des 35 heures, de leur mise en œuvre avec celles et ceux qui les ont négociées, mises en œuvre et qui les défendent. Lancement tout au long du premier semestre 2016 d’actions de terrain autour des séries de propositions à concrétiser immédiatement dans les branches et les entreprises (actions de formations, de journées d’études et actions juridiques).

En juin 2016, initiative avec la CES pour une directive du temps de travail porteuse d’une nouvelle RTT.

 

(3) [1] Roland Berger : Les classes moyennes face à la transformation digitale, http://www.rolandberger.fr/media/pdf/Roland_Berger_TAB_Transformation_Digitale-20141030.pdf

[2] Pour un salarié occupant deux emplois avec deux employeurs différents.

[3] Pour un salarié occupant deux emplois avec deux employeurs différents

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23 octobre 2015 5 23 /10 /octobre /2015 18:51

 Convoyeurs de fonds : la CGT signe la fin du conflit après 35 jours de grève

Le 10 septembre 2015, les convoyeurs de fonds de Prosegur avaient décidé de se mettre en grève après avoir découvert sur leurs fiches de paye une perte d’environ 300 euros, suite à une modification du calcul de l’indemnité des congés payés, décidée unilatéralement par l’employeur.

Une somme importante pour un salaire de 1600 euros par mois en moyenne et sans compter qu’ils risquent leur vie tous les jours. Ce conflit a mobilisé les salariés de trois agences de Prosegur Transport de Valeurs (PVT) Rhône-Alpes : le site de la Talaudière près de Saint-Etienne, de Valence et de Lyon, soit 280 salariés employés par ce groupe espagnol.

 

La direction avait assigné 40 salariés en justice.

A l’heure où l’on parle de dialogue social, la direction de Prosegur, a tout fait pour mettre fin au piquet de grève. Elle a assigné 40 salariés au Tribunal de Grande Instance de Saint-Etienne et Lyon par trois fois. Ceci avec l’aide des Préfectures, afin de faire intervenir des dizaines de CRS quotidiennement, de mettre en pratique des actions d’une autre époque pour provoquer l’affrontement, en expédiant 32 agents de sécurité sur les piquets de grève afin de déloger les grévistes, en envoyant des dizaines de constat d’huissier à leur encontre, sans oublier quelques courriers de menaces envoyés à leur domicile, et pour conclure par trois appels en cours au TGI.

La victoire de la solidarité.

L’ensemble des salariés grévistes à l’appel de l’intersyndicale CGT-Sud TDF, les élus CGT de Prosegur ainsi que les structures CGT (UD 26, UD 42, UD 69, UL St Etienne, UL Lyon 7/8) ont mené cette lutte avec acharnement. Grâce à leur combativité et à leur solidarité, les salariés ont obtenu, le rappel de salaire sur l’usage, la dotation au Comité d’Entreprise de 25 600 euros qui seront reversés aux salariés sous forme de chèques vacances, l’application de 3 jours de carence maladie, au lieu des 5 jours conventionnels. Enfin, 50% des jours de grève ne feront pas l’objet de perte sur la rémunération des salariés.

Le conflit a par ailleurs été marqué par un drame, la mort, fin septembre, d’un salarié percuté par un camion sur le piquet de grève du site de Valence. On attend par ailleurs les rendus de justice concernant les appels en cours au Tribunal de Grande Instance.

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19 octobre 2015 1 19 /10 /octobre /2015 11:34

Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, parle de l’actualité sociale dans l’émission de Patrick Cohen sur France Inter.

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