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16 février 2016 2 16 /02 /février /2016 20:11

 

Le 10 mars, défendons nos droits

Neuf organisations syndicales de retraités, dont l’UCR-CGT, ont décidé d'une journée revendicative le 10 mars prochain, pour exiger « une revalorisation des pensions en fonction de l’augmentation du salaire moyen et une pension au moins égale au Smic revalorisé, pour une pension complète ». Décision a aussi été prise d’interpeller le ministère des Finances « au sujet de la demi-part fiscale retirée aux veuves et veufs, dont les importantes conséquences financières ont incité le gouvernement à décider de ne pas faire payer les impôts locaux aux personnes n’y étant pas assujetties les années précédentes ».

C’est pourquoi les 9 organisations « revendiquent la prolongation de cette décision après 2017 et la remise en place de cette demi-part ».

Tous en marche

Les retraités ont de bonnes raisons de battre le pavé en 2016. S’il en fallait une seule preuve, le patron du Medef et quelques uns de ses acolytes* patronaux l’ont rappelé le 10 janvier dans une lettre en cinq points au président de la République. Ils veulent un contrat de travail « agile », à savoir précaire, pour chaque salarié et des suppressions de charges patronales sur toute nouvelle embauche. De quoi réduire à la portion congrue le financement de la Sécurité sociale comme des caisses de retraite. En cela, les retraités sont aussi la cible des patrons via leur cahier de revendications adressé à François Hollande. Avec lui à l’Elysée, le blocage des pensions dure depuis trois ans, ce qui ne s’était jamais vu auparavant. Mais, parce qu’ils sont plus de 16 millions de citoyens ayant le droit de vote, les retraités ont aussi de bonnes raisons de se faire entendre dans la rue en cette année pré-électorale.

L’unité face au capitalisme prédateur

Il est donc important que les organisations de retraités se rencontrent en ce début d’année « afin d’amplifier la mobilisation » dans les départements pour la journée du 10 mars. Les retraités d’aujourd’hui ont souvent été les premières victimes de la mondialisation capitaliste, licenciés suite aux délocalisations d’entreprises qui les employaient, obligés de repartir avec un plus petit salaire quand ils retrouvaient du travail après de longues périodes de chômage. Avec la mise en concurrence des peuples de la terre entière dans le cadre de la mondialisation capitaliste, la force de travail de l’être humain est devenue l’unique variable d’ajustement des coûts de production. On se paie sur elle comme sur la bête. Car les capitalistes veulent toujours plus de profits. On dépense aussi beaucoup d’argent pour concevoir de nouveaux produits sans oublier le coût de la publicité pour les faire connaître. On fait ainsi payer aux humains les gâchis du capital.

Gardons un système solidaire

Jamais, comme en ce début d’année 2016, on n’avait lu autant d’articles écrits par des décideurs politiques, par des patrons, par leurs conseillers mais aussi par des journalistes aux ordres, pour nous convaincre que le « coût du travail » et les « charges » qui servent à alimenter la Sécurité sociale et les caisses de retraite seraient devenus insupportables. Ils veulent mettre en place une société du chacun pour soi, remplacer notre système de protection sociale collectif et solidaire par des assurances privées que des millions de personnes aux revenus modestes ne pourront pas payer. Nous savons pourtant qu’il est impossible de bâtir une économie saine et solide en massacrant ainsi ceux et celles qui ont fait la richesse du pays par leur travail. Les retraités et les retraitées d’aujourd’hui ont financé par leur travail le fonctionnement de notre système solidaire de protection sociale en France. Il est à la fois plus juste et plus efficace que ceux qui relèvent des fonds de pension et des assurances privées en vigueur dans d’autres pays. Battons le pavé le 10 mars prochain pour le défendre, 48 heures après avoir marché pour la journée internationale des femmes.

Faisons du 10 mars 2016 une grande journée de lutte unitaire des retraités et retraitées.

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15 février 2016 1 15 /02 /février /2016 17:20

 Un calme trompeur.

Les Français n’en peuvent plus. Un peu partout se lèvent des luttes que n'arrêtent ni la répression, ni l'état d'urgence. Les retraités disent leur mécontentement et préparent dans l'unité une journée d'action le 10 mars. Le sentiment qui persiste aujourd’hui après le soulagement d’avoir repoussé le temps des élections régionales, les ambitions de l'extrème droite, c’est l’exaspération extrême. Elle se nourrit de toutes les formes d’humiliation et de mépris : le chômage, la précarité, la mal-vie, l’insécurité que subissent les salariés et les retraités. Le degré de ressenti diffère en fonction de la place qu’ils occupent ou qu’ils ont occupée dans le monde du travail, mais tous mesurent les atteintes aux valeurs essentielles qui fondent notre société.

Quelle valeur du travail ?

Première blessure infligée aux salariés, la non reconnaissance de la valeur du travail. Celle-ci est déconsidérée et désignée comme responsable de la déficience économique. Son "coût" est sans cesse tiré vers le bas comme une banale marchandise, en réduisant régulièrement le salaire différé (part employeur des cotisations sociales). Pour le patronat, la prise en compte de la pénibilité et de la santé au travail devient un « confort » pour le personnel, que l’entreprise ne peut supporter.

Le mépris des besoins

Plus de 3,1 millions de salariés sont payés au Smic (1 143 net par mois) au mépris de leurs besoins essentiels, de leur santé, de leur qualité de vie et celle de leurs enfants. L’augmentation de 0,6 % décidée par le gouvernement pour le 1er janvier 2016 est une injure de plus, faite à tous ces salariés face aux profits faramineux détournés par les financiers. Comment ne pas être en rage devant le luxe affiché à grand renfort de médias alors que l’on ne sait pas comment payer la cantine et le loyer ? Comment supporter les méthodes de management plus inspirées de la loi de la jungle que du vivre ensemble ?

L'état d'urgence sociale

L'Assemblée Nationale a adopté le premier article du projet de révision constitutionnelle prévoyant l'inscription de l'état d'urgence dans la Constitution. Sur les 577 parlementaires 441 élus étaient portés absents, soit 76% de l'ensemble des députés ! Un vote honteux. Un acte dangereux pour la démocratie. Il l'est d'autant plus que la tentation est déjà grande d'appliquer les mesures coercitives envisagées pour les terroristes...aux syndicalistes. Qu'en sera t-il demain ? La déchéance de nationalité était également votée dans la nuit de mardi. Mais à une si courte majorité : 162 voix pour, 148 contre et 22 abstentions, que la majorité des 2/3 nécessaire pour son adoption définitive au Congrès de Versailles, est loin d'être acquise. Un projet censé favoriser l'unité nationale aura donc provoqué une profonde division au sein du parti socialiste au pouvoir comme dans l'opposition de droite. Ce dont le pays a besoin c'est de déclarer l'état d'urgence sociale et de remédier au mal vivre et à la dépression sociale qui gagne l'ensemble des catégories de salariés et des retraité-e-s.

Les retraités dans la rue le 10 mars

Pour les retraités qui ont passé toute leur vie à travailler, la blessure est aussi douloureuse. Non seulement les valeurs du travail qu’ils ont portées sont bafouées mais leur vie à la retraite est menacée de décroissance rapide. Après les résultats des élections régionales, les journaux qualifiaient le mécontentement de « désenchantement démocratique ». Ils étaient bien loin du compte. C’est une colère sourde devant la domination exclusive des puissances de l’argent produisant les haines, les divisions, la xénophobie, le racisme. L’argent achète tout, le temps, la vie, la liberté, la joie, la peine, la mort même ! Plus que jamais, le bien-être des salariés et l’avenir de notre civilisation sont incompatibles avec le libéralisme mondial. Des transformations fondamentales de notre société sont urgentes.

Le 10 mars ! Journée d’action pour l'amélioration du pouvoir d’achat des retraité-e-s à l’appel de 9 organisations de retraités : UCR-CGT, UCR-FO, UNAR-CFTC, UNIR-CFE-CGC, SFR-FSU, UNIR-Solidaires, FGR-FP, LSR, Ensemble & Solidaires.

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13 février 2016 6 13 /02 /février /2016 10:33

En finir avec la précarité générale

Plus on malmène les droits des travailleurs au nom de la lutte pour l’emploi, plus le chômage augmente en France. C’est la spirale infernale. Quelque chose ne tourne pas rond dans ce pays tant la politique de Hollande ressemble à celle de Sarkozy. Oui, le monde va mal et dans ce monde-là, la France ne va pas mieux. Nous savons depuis octobre 2015 que nos retraites ont augmenté de 0,1 %. Cela se traduit par zéro au moment du versement, après 30 mois de blocage des pensions. Nous avons appris au lendemain du second tour des élections régionales que le Smic augmenterait de 0,6 % en janvier 2016. Ce qui donne 6 euros de plus par mois pour un salaire net mensuel de 1 143 € quand on travaille à plein temps.

Précarisation des emplois

Nous avons appris en lisant les journaux que le nombre de salariés intérimaires a progressé de 9,6 % entre octobre 2014 et octobre 2015. En France, aujourd’hui, 49,9 % des intérimaires travaillent dans l’industrie. 41,4 % des ouvriers non qualifiés de cette même industrie sont des intérimaires et le chiffre est de 34,2 % pour les ouvriers qualifiés. Selon l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), « les contrats de moins d’un mois (CDD ou intérim) qui représentaient 45 % des embauches au début des années 2000, en constituent aujourd’hui 70 % ».

Perte de pouvoir d’achat

Cette précarisation dans l’embauche n’a pas empêché le chômage d’augmenter de plus de 500 000 personnes depuis que François Hollande est devenu président de la République. Et ce n’est pas le plan de « formation des chômeurs » annoncé par Valls au lendemain du second tour des régionales qui va permettre de créer des emplois dans un pays où la masse des consommateurs ne cesse de perdre du pouvoir d’achat. Plus les années passent, plus l’emploi devient précaire et mal payé.

Difficultés à se loger ou emprunter

Quand tant de travailleurs surexploités ont besoin de trouver un logement ou d’obtenir un crédit bancaire, le loueur comme le banquier conditionne son accord à l’existence d’un emploi bénéfi-ciant d’un contrat à durée indéterminée (CDI). Moins il y a de CDI, plus les prêteurs exigent des CDI pour accorder une location ou un crédit. Voilà bien qui montre que « rien de va plus » dans notre société française engagée dans une spirale du déclin par ceux qui nous gouvernent.

Moins de cotisations sociales

Cette précarité qui touche toutes les professions, y compris dans le secteur public, met à mal les caisses de retraites. Un infirmier psychiatrique retraité de la CNRACL confiait récemment que la croissance du personnel intérimaire dans sa profession conduisait à ce que sa caisse de retraite, qui est aussi celle des agents de la fonction publique territoriale, percevait de moins en moins de cotisations ; car les intérimaires dépourvus de statut ne cotisent pas à cette caisse. Ainsi, on réduit par la précarité des hors statut l’alimentation des caisses de retraites des personnels de la fonction publique disposant encore d’un statut. Et on trouvera ensuite des arguments pour s’attaquer aux droits acquis par une nouvelle réforme des retraites.

Les financiers récompensés

Dans un tout autre domaine, cette précar¬sation de l’emploi produit aussi des effets pervers. Beaucoup de salariés modestes et moyens ne peuvent plus devenir propriétaires de leur logement. Du coup, l’industrie du bâtiment perd des emplois. Elle embauche alors des travailleurs détachés d’Europe centrale sans parfois les déclarer. Et quand il y a une légère reprise dans la construction, c’est parce que des investisseurs privés bénéficiant de fortes défiscalisations achètent des logements afin de payer moins d’impôts. Et ils imposent ensuite des loyers élevés à nos enfants ou nos petits-enfants.

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13 février 2016 6 13 /02 /février /2016 10:11

La CGT lance une grande campagne pour l’égalité professionnelle autour de trois volets : - Lutter contre les violences sexistes et sexuelles au travail - Gagner l’égalité.

 

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10 février 2016 3 10 /02 /février /2016 19:56

Elections TPE 2016

Du 28 novembre au 12 décembre prochain auront lieu les élections professionnelles dans les toutes petites entreprises. Pour aider les salariés des TPE à s’informer sur leurs droits, la CGT leur ouvre un site internet entièrement dédié.

  • Les heures sup’, ça se paye comment ?
  • Les assistantes maternelles dépendent-elles d’une convention collective ?
  • Les apprentis peuvent-ils prendre des congés pour réviser leurs examens ?

Question droit du travail, on n’est pas toujours au courant de tout. Et lorsqu’on travaille dans une entreprise de moins de 11 salariés (la définition d’une TPE), on a parfois la - fausse - impression d’avoir moins de droits que les autres.

Pour répondre à toutes ces questions, pour vous permettre d’en poser de nouvelles et pour vous informer de vos droits, la CGT lance www.tpe.cgt.fr, un site réservé aux salariés des TPE.

Vous saurez tous de vos droits au quotidien et des enjeux des élections professionnelles qui auront lieu du 28 novembre au 12 décembre 2016.

Les salariés des TPE comme les autres ont aussi le droit de se syndiquer, d’autant plus que c’est souvent dans ces entreprises là que les salaires sont les plus bas, que le temps de travail est le plus important...

La CGT a lancé sa campagne dédiée aux élections de représentants syndicaux pour les salariés des Très Petites Entreprises.

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9 février 2016 2 09 /02 /février /2016 20:15

Malgré la victoire des salariés de la clinique du Pont de Chaume, 330 Avenue Marcel Unal, 82000 Montauban (82), après 51 jours de grève, une nouvelle attaque appelle à un prochain rassemblement, à la suite de  la convocation du secrétaire général du syndicat CGT de la clinique, au commissariat de police de Montauban. Des salariés grévistes et le syndicat CGT qui font plier une direction qui avait pourtant annoncé qu’aucun accord ne serait paraphé.

 

  • Trois embauches d’aides-soignants ;
  • une réorganisation du travail ; 
  • la fin de toutes les grilles de salaires en dessous du SMIC ;
  • ’une prime de 400 euros brut ;
  • le paiement partiel des jours de grève.

 

Une formidable lutte victorieuse.

Il n’en fallait pas plus pour provoquer l’ire contre ceux qui osent relever la tête ! C’est maintenant au tour du Secrétaire Général du syndicat CGT de la Clinique du Pont de Chaume d’être convoqué au commissariat de police de Montauban le 9 février 2016 sur commission rogatoire pour être entendu sur le conflit de la Clinique du Pont de Chaume.

La CGT a appelé à un rassemblement de soutien le devant le commissariat de MONTAUBAN (82000).

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7 février 2016 7 07 /02 /février /2016 23:30

 

 

 

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5 février 2016 5 05 /02 /février /2016 20:18

Une journée de résistance et de solidarité

 Journée de solidarité avec les huit de Goodyear condamnés à de la prison ferme pour avoir défendu leur emploi, les rassemblements et manifestations combatives ont sonné comme un avertissement pour ceux qui veulent criminaliser l’action syndicale.

L’accusation de violence portée contre les salariés de Goodyear, pour avoir retenu des cadres de l’entreprise et obtenir des négociations, apparaît pour ce qu’elle est : un prétexte pour intimider l’ensemble des syndicalistes et des salariés qui s’avisent de contester les décisions tueuses d’emploi de leur direction.

Les luttes syndicales pour cible

La CGT, ses militants, et plus généralement les syndicalistes engagés dans de nombreuses luttes, sont particulièrement visés et subissent toutes sortes de discriminations. Pour l’écrivain et réalisateur Gérard Mordillat, comme pour le cinéaste Robert Guédiguian, qui ont pris parti pour les ouvriers de Goodyear condamnés, " la syndicalophobie est une maladie aussi vieille que le capitalisme".

L’inquiétude du Medef et du gouvernement

Dans le contexte actuel l’enjeu est de taille pour le grand patronat et le gouvernement qui soutient et accompagne le moindre désidérata du Medef. Car les politiques mises en œuvre ne peuvent que susciter du mécontentement, au risque de mettre à jour les objectifs purement financiers des uns et essentiellement politiciens des autres.

Le droit de défendre son travail

Les capacités de convaincre et de mobiliser de la CGT constituent en conséquence un danger, d’autant que les réformes envisagées, code du travail, déchéance de la nationalité, libéralisation des licenciements et autres agressions contre le monde du travail, sont de plus en plus vivement contestées. Personne ne doit s’y tromper, la condamnation des syndicalistes vise l’ensemble des salariés, leurs revendications comme leur droit à se défendre. L’acte de résistance et de solidarité de la journée de mobilisation du 4 février en appelle d’autres, afin que les poursuites contre les Goodyear et les militants pourchassés soient abandonnées et que les salariés soient libres de défendre leur droit de travailler et de vivre dignement de leur travail.

Philippe Martinez et les Goodyear

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1 février 2016 1 01 /02 /février /2016 22:52

 Alain Ruscio, historien, réagit L'ancien "mao" et "nouveau philosophe", pourfendeur hyper-médiatisé de "l'islamisation de la France" et des jeunes de banlieue se voit donc promu Académicien.

Alain Finkielkraut

Alain Ruscio, historien de la colonisation rappelle quelques uns des propos et écrits de celui qui vient dêtre élevé au rang de l'élite de la Nation.

Alain Ruscio

Contribution à l’édition future des œuvres complètes d’Alain Finkielkraut, membre de l’Académie française Alain Ruscio, Historien

Je ne croyais pas que cela fût possible (toujours commencer par un imparfait du subjonctif, quand il s’agit de l’Académie française). J’étais naïf : cette France rance, ce pays qui marine dans l’affront national, est désormais capable de tout. Alain Finkielkraut va donc venir s’asseoir dans un des fauteuils qui recueillit les postérieurs du monarchiste Charles Maurras, condamné à la libération à la dégradation nationale, de Philippe Pétain, de Louis Bertrand, qui naguère voulait « former un seul bloc » des Européens d’Algérie et « les lancer contre l’ennemi commun, le musulman qu’on a eu la sottise de laisser vivre, alors qu’il fallait l’exterminer sans pitié » , du maréchal Juin, ennemi intransigeant de l’indépendance du Maroc, de Michel Debré, qui resta Algérie française au-delà du raisonnable (gaulliste)…

Tiens, en lisant la liste des ex, on apprend que Finkielkraut va occuper le fauteuil 21, détenu naguère par le duc d’Aumale, qui s’illustra par la prise de la smala d’Abd el Kader, où il y avait d’ailleurs plus de femmes et d’enfants que de farouches guerriers. La boucle (coloniale) est bouclée.

Alain Finkielkraut est philosophe, nous disent les notices biographiques. Pourtant, force est de constater que ses œuvres de recherche pointue n’ont guère marqué, sauf erreur de ma part, le monde intellectuel de notre temps. Misère de la philosophie, comme l’écrivait jadis un grand auteur qui, lui, ne siégea dans aucune Académie, mais qui marqua la pensée humaine. Donc, Finkielkraut est philosophe. Passons. Mais il est aussi, surtout, homme d’écrans. Au pluriel. Comment échapper à son visage, ravagé par le mal-être, par les tourments de celui qui annonce l’arrivée imminente des hordes ? Pis : qui fait front alors que lesdites hordes sont entrées dans Paris. Depuis maintenant trois décennies, il tire la couverture médiatique à lui. Inlassablement, même si la concurrence est rude. Il s’est souvent aventuré sur le terrain du commentaire du présent immédiat. Et il n’a jamais varié dans sa dénonciation du fanatisme islamique, principal danger qui à ses yeux menace le monde. Lors de l’affaire dite des foulards islamiques, en 1989, il fut un des premiers à relier le phénomène à l’apparition du communautarisme : « Nous ne savons plus faire la différence entre les droits de l’homme et les droits des tribus ». Oui, il a écrit tribus, comme naguère une pléiade de missionnaires ou d’explorateurs fourriers des conquêtes coloniales, qui faisaient suivre le mot de l’adjectif sauvages

 Alain Finkielkraut a dû le penser très fort. « À qui profite cette confusion ? poursuit-il, Au Front national, bien sûr, à ceux qui, affirmant comme leurs adversaires que l’Autre c’est l’Autre, et que nous c’est nous, en concluent avec plus de logique que l’Autre n’a rien à faire chez nous » . Il fut d’ailleurs, avec Régis Debray, Elisabeth Badinter et Elisabeth de Fontenay, l’initiateur d’un appel célèbre, « Profs, ne capitulons pas » . Un mois plus tard eut lieu, à la Mutualité, à Paris, un meeting « pour la défense de la laïcité ». Alain Finkielkraut y compara l’affaire en cours à celle de la défense du capitaine Dreyfus : « Jamais l’expression “ennemi intime“ n’a été aussi justifiée qu’aujourd’hui » . Ennemi ! Le philosophe ne travaillait pas – ne travaille pas – ses concepts dans la nuance.

Finkielkraut vécut douloureusement la tragédie du 11 septembre 2001. Il fut de ceux qui réfutèrent toute tentative d’explication autre que celle de la haine irraisonnée de l’Occident, fruit d’une folie religieuse : « Les commanditaires des pieux carnages du 11 septembre et leurs admirateurs n'ont aucunement le souci de remédier à la misère du monde ou de sauvegarder la planète : le réchauffement climatique est le cadet de leurs soucis. Ils haïssent l'Occident non pour ce qu'il a de haïssable ou de navrant, mais pour ce qu'il a d'aimable et même pour ce qu'il a de meilleur : la civilisation des hommes par les femmes et le lien avec Israël. C'est le destin claquemuré qu'ils font subir aux femmes, le mépris où ils les tiennent et le désert masculin de leur vie qui rend fous les fous de Dieu : fous de violence, fous de hargne et de ressentiment contre le commerce européen des sexes, contre l'égalité, contre la séduction, contre la conversation galante ; fous, enfin, du désir frénétique de quitter la terre pour jouir de l'éternité dans les jardins du Paradis où les attendent et les appellent des jeunes filles “parées de leurs plus beaux atours“ » . Avec les années, le philosophe se radicalisa encore. Une interview accordée au quotidien israélien Haaretz, reprise les jours suivants par la presse française, fit beaucoup de bruit . Il y dénonçait pêle-mêle la repentance, rampante ou revendiquée, de beaucoup de ses concitoyens : « On change l’enseignement de l’histoire coloniale et de l’esclavage. Désormais, on enseigne qu’ils furent uniquement négatifs, et non que le projet colonial entendait éduquer et amener la culture aux sauvages » (sauvages : il a donc enfin lâché le mot). Au cours de la même interview, il s’exprima naturellement sur la crise des banlieues, qui battait alors son plein : « On voudrait réduire les émeutes des banlieues à leur dimension sociale, y voir une révolte de jeunes contre la discrimination et le chômage. Le problème est que la plupart sont noirs ou arabes, avec une identité musulmane (…). Il est clair que nous avons affaire à une révolte à caractère ethnico-religieux ». Puis : « Le problème est qu’il faut qu’ils se considèrent eux-mêmes comme Français. Si les immigrants disent : “les Français“ quand ils parlent des blancs, alors on est perdus. Si leur identité se trouve ailleurs et ils sont en France par intérêt alors on est perdus (…). C’est effectivement un grand problème : nous vivons dans une société post nationale dans laquelle pour tout le monde l’État n’est qu’une question d’intérêt, une grande compagnie d’assurance, il s’agit là d’une évolution très grave. Mais s’ils ont une carte d’identité française, ils sont Français et, s’ils n’en ont pas, ils ont le droit de s’en aller. Ils disent : “Je ne suis pas Français, je vis en France, et en plus ma situation économique est difficile“. Personne ne les retient de force ici, et c’est précisément là que se trouve le début du mensonge. Parce que s’ils étaient victimes de l’exclusion et de la pauvreté, ils iraient ailleurs. Mais ils savent très bien que partout ailleurs, et en particulier dans les pays d’où ils viennent, leur situation serait encore plus difficile pour tout ce qui concerne leurs droits et leurs chances ».

Est-il possible qu’un intellectuel, qui connaît le pouvoir des mots, ne se soit pas rendu compte de l’énormité de ces propos ?

Car Finkielkraut parle comme un hobereau s’apprêtant à chasser des manants qui auraient dégradé ses biens : « ici » (= en France = chez moi), ils doivent bien se comporter, sinon on va les renvoyer « dans les pays d’où ils viennent » (= en Afrique = chez eux). De moins en moins heureux, il stigmatisa également… l’équipe de France de football : « On nous dit que l’équipe de France est admirée parce qu’elle est black-blanc-beur (…). En fait, aujourd’hui, elle est black-black-black, ce qui fait ricaner toute l’Europe ». Lorsque cette interview fut connue en France, elle fit grand bruit. L’auteur s’en prit au journaliste qui l’avait interviewé, expliquant par exemple que l’usage du mot « sauvages » était ironique, mais que la transcription écrite avait fait disparaître les guillemets, puis aux traducteurs, contestant la version du Monde. Face à la réprobation générale, il présenta néanmoins des excuses . Mais il ne varia pas sur le fond. Aux journalistes du Monde, Sylvie Kauffmann et Sylvain Cypel, qui lui proposent par exemple de s’expliquer sur l’expression « jeunes de banlieue », il répond : « Disons les choses clairement : des Français de souche ont aussi participé aux émeutes, mais le gros était constitué de jeunes d’origine africaine et nord-africaine. Toute généralisation est abusive. Le racisme, c’est la généralisation. Mais maintenant, l’antiracisme risque de devenir une prophétie autoréalisatrice ». Oui, ce monsieur, cet Académicien désormais, a bien employé la honteuse expression gobinienne (du nom du comte de Gobineau, grand ancêtre du racisme à la française) de Français de souche

. Pour revenir à sa réfutation de toute tentative d’explication de la crise par des causes sociales : « Il n’y a pas de lien de cause à effet entre l’aggravation des inégalités, la tristesse des banlieues, le chômage, la pauvreté, la précarité... et des actes pareils » . Bis repetita dans Le Figaro : « Si ces territoires étaient laissés à l’abandon, il n’y aurait ni autobus, ni crèches, ni écoles, ni gymnases à brûler ». Il y dénonce également la perte de repères, particulièrement marquée par une langue nouvelle, le « parler banlieue » : « La langue française doit reconquérir le parler banlieue, ce sabir simpliste, hargneux, pathétiquement hostile à la beauté et à la nuance » .

On l’a déjà souligné : Finkielkraut connaît les mots qu’il emploie, c’est même quasiment son métier. Aussi ce surgissement dans sa bouche de « sabir », précisément le nom qu’avaient donné les conquérants, au temps des colonies, au mauvais français des indigènes d’Algérie, est-il particulièrement mal venu. Mais, heureusement, pour lui, il n’y a pas de racisme en France ou, s’il existe, il n’est pas du côté des Français de souche : « L’exécration de la France est à l’ordre du jour dans un nombre non négligeable des nouvelles populations françaises. Il faut vivre à l’abri du réel pour considérer que cette francophobie militante est la réponse à un prétendu racisme » . Interrogé sur les propos recueillis par Haaretz, Daniel Lindenberg, dénonciateur depuis longtemps des nouveaux réactionnaires – parmi lesquels il classait à un rang honorable Finkielkraut – estima que le philosophe avait franchi un pas supplémentaire, qu’il s’érigeait désormais en porte-parole de la communauté des Français-qui-se-croient-de-souche : « Le curseur s’est déplacé à droite partout (…). Maintenant, en France, on a Dieudonné d’un côté et Finkielkraut de l’autre. Ces gens sont en train de dresser les communautés les unes contre les autres. Pis : ils sont en train de les créer » . Honneur aux 12 Académiciens qui ont refusé ce nouveau déshonneur

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30 janvier 2016 6 30 /01 /janvier /2016 14:57

 Chiffres du chômage 2015

A la veille de l’ouverture des négociations sur la convention d’assurance chômage, les chiffres du mois de décembre concluent une année noire pour l’emploi.

 

Sur 1 an, le nombre de demandeurs d’emploi catégories ABC a augmenté de 5 % pour atteindre  5 475 700.

A l’occasion des vœux du Président de la République au CESE, François Hollande a demandé aux négociateurs de la convention d’assurance chômage de prévoir une baisse de la durée d’indemnisation… c’est-à-dire le contraire de ce qu’il disait il y a deux ans ! Le Medef et les pouvoirs publics veulent appliquer la double peine aux demandeurs d’emploi : appliquer à quelqu’un qui est déjà victime de la perte de son emploi, une baisse de ses indemnités au nom du déficit élevé de l’Unedic.

La CGT n’a que faire des engagements du gouvernement français à Bruxelles et entend défendre des propositions qui visent à renforcer la responsabilité des employeurs sur les conséquences de leur politique d’emploi et à améliorer le sort des demandeurs d’emploi qui restent, pour plus de 50 % d’entre eux, sans indemnisation. Ce sont bien les politiques d’emploi menées qui créent le chômage et qui accentuent le déficit de l’Unedic. Le Medef a reçu 40 milliards d’euros d’aides publiques à travers le pacte de responsabilité. Où est passé le million d’emplois que le patronat promettait de créer ? Sur ce sujet, il est urgent que les représentants des salariés acquièrent le droit de contrôler et de suspendre les aides publiques octroyées aux entreprises. Les employeurs ne peuvent être oubliés concernant leur devoir de former leurs salariés tout au long de leur vie professionnelle. C’est pourtant ce qui se passe dans nombre d’entreprises qui renvoient les conséquences de leur politique de l’emploi au service public à l’emploi.

La CGT poursuit son travail d’information, de formation en portant à connaissance du plus grand nombre de salariés ses propositions pour un avenir meilleur. D’autres choix sont possibles, il nous faut convaincre tous les acteurs, en premier lieu, les salariés.

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  • : Retraités C G T Manche
  • : Construire une société pour tous les âges par l'action revendicative et la réflexion. Favoriser la syndicalisation, la continuité syndicale et développer les convergences avec les salariés actifs.
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  • L'union syndicale des retraités CGT de la Manche a pour but de rassembler les salariés retraités, préretraités, pensionnés, veuves et veufs, en vue de contribuer à assurer la défense et l'amélioration de leurs droits et de leurs intérêts
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